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Les héroïnes de la Bible

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Écrit par zeAnim', le 19/02/2009 à 18:04

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Esther
Esther © Affiche du film de Raffaele Mertes (2000)
Esther est une jeune fille juive qui est devenue reine de Perse. Au péril de sa vie, elle est amenée à demander au roi la grâce de son peuple alors menacé de massacre par Haman, le favori du roi de Perse. L’intervention de la reine Esther soutenue par son cousin Mardochée et aidée par une série de coïncidences, entraîne la victoire des juifs sur leurs ennemis. Elle donne naissance à la fête des Pourim, toujours célébrée par les juifs partout dans le monde.

Sa double appartenance, elle est à la fois reine de perse et fille adoptive de Mardochée le juif, est soulignée par les deux noms qu’elle porte :
 Hadassa, le juif, signifie le « myrte » qui est la plante de l’amour ;
 Esther, qui vient du persan « l’étoile », mais qui selon l’étymologie hébraïque signifierait « je cache » ou « je me cache ».

Ce prénom exprimerait la présence cachée de Dieu, qui n’apparaît pas explicitement dans le livre, en même temps qu’il évoquerait le silence de l’héroïne qui cache son origine juive.

Le livre d’Esther n’est pas un récit historique mais une fiction destinée aux juifs qui vivent en diaspora, c’est-à-dire à l’étranger, en milieu non-juif. Son but est de les aider à réfléchir à la manière de vivre en pays étranger : comment garder son identité tout en s’intégrant là où l’on habite ? Jusqu’où doit aller cette intégration ?
Explications :
Le décret d’extermination des juifs signé par l’empereur Xerxès vient d’être publié. Ordre est donné de « détruire, tuer, massacrer tous les juifs, jeunes et vieux, femmes et enfants, et de piller leurs biens » .

Conscients du danger, Mardochée et les juifs de Suse réagissent par des rites de deuils traditionnels, le port de vêtements particuliers, le jeûne, les pleurs et les lamentations. Par-là, ils expriment leur douleur et leur angoisse, et sans doute espèrent-ils que Dieu interviendra en leur faveur.

Épouse du roi de Perse, Xersès, Esther est prisonnière dans le Harem, ce qui explique pourquoi elle a tant de difficulté à comprendre ce qui se passe à l’extérieur du palais.

Par l’intermédiaire d’Hatak, l’eunuque, un véritable va-et-vient s’instaure entre Mardochée et Esther. Observe comment Esther d’abord très peu solidaire de son peuple est manipulée et même menacée par Mardochée.

Dans ce livre biblique où le nom de Dieu n’est jamais prononcé, le mot « ailleurs » au verset 14 pour évoquer un secours certain, constitue l’allusion la plus directe à la présence divine.

Jusqu’à présent Esther n’a fait qu’obéir, plaire et séduire. Maintenant, au risque de sa vie (car il est interdit d’approcher le roi sans avoir été convoqué), elle doit décider : va-t-elle ou non aller trouver le roi pour aider son peuple menacé d’anéantissement ? En demandant un jeûne en sa faveur et en le pratiquant elle-même, ne renoue-t-elle pas avec ses origines ? Les rites sont comme une prière lancée vers Dieu. Ils n’ont de sens que si l’on y croit. En prenant ses responsabilités, Esther devient une personne autonome. Aujourd’hui des gens peuvent-ils vivre cette situation de déchirements entre deux appartenances ?

Étrangère en son pays, les circonstances amènent Esther à prendre parti entre sa religion et l’état païen auquel elle appartient.
Batchéba

David et Batchéba © Affiche du film de Henry King (1951)
Batchéba est la femme la plus connue du roi David, la mère du roi Salomon.

D’abord femme d’un officier de David, du nom d’Urie, elle est très belle. David en tombe amoureux et la met enceinte. Après l’échec de plusieurs stratagèmes pour faire croire à la paternité du mari, David le fait tuer dans une sorte de guet-apens. Puis il l’épouse. Ce premier enfant meurt. En signe du pardon de Dieu, naît Salomon dont le nom vient d’un mot qui signifie « la paix ». Plus tard, soutenue par le prophète Nathan, Batchéba devenue reine insistera auprès du roi vieilli pour que sa couronne revienne à Salomon, au mépris du droit d’aînesse.


Bien que d’abord captive du désir de David, par la suite, Batchéba sait être assez captivante pour que son fils, Salomon, devienne le roi d’Israël.

Explications

Bien qu’il sache Batchéba mariée, David suit son bon plaisir, il la fait venir et couche avec elle. Quelle faute commet David et quel commandement transgresse-t-il en agissant ainsi ? Que penses-tu de ce proverbe populaire : « L’oisiveté est mère de tous les vices », est-il toujours d’actualité ?

Malgré les avancées de la science, et les moyens de contraception modernes, le problème qui se pose à David est toujours d’actualité : Batchéba est enceinte.

Pour comprendre la psychologie de David, observe la manière dont le récit met en parallèle les attitudes d’Urie et de David face à leur devoir.

Pour effacer sa faute, David en commet une encore plus grave : il commandite un crime.

Que penses-tu de la conclusion du récit : « Il l’épousa et elle lui donna un fils. », David est-il conscient d’avoir commis une faute ?

Nathan annonce à David la punition de Dieu (voir ci-dessus)

Le petit récit imagé, la parabole de la brebis du pauvre est une métaphore des évènements qui précèdent. Elle met en parallèle les deux histoires.

Amuses-toi à la décrypter.

La parole du prophète dans la Bible est considérée comme la parole de Dieu. Grâce à la parabole, Nathan peut tenir son rôle de prophète c’est-à-dire mettre David, le grand roi, devant ses responsabilités et lui faire prendre conscience de la gravité des fautes qu’il a commises.

Bien que peu active, la très belle Batchéba est au centre de ce récit, elle apparaît comme l’épreuve révélatrice de la faiblesse tout humaine du grand roi David.

Judith
Ce roman patriotique juif a été conservé en une traduction grecque de la Bible des Septantes, il figure ainsi dans les livres deutéro-canoniques de l’Ancien Testament dans les bibles catholiques. Il a été rédigé au 2e siècle avant Jésus-Christ, au moment où le judaïsme immergé dans la culture grecque a du mal à conserver son identité. Ce livre montre à travers son héroïne au nom symbolique « Judith », c’est-à-dire « la juive », comment c’est en restant fidèle à son Dieu qu’Israël résistera victorieusement aux nations. Il est composé de deux grandes parties, les chapitres 1 à 7, font le récit des campagnes d’Holopherne, le général en chef des ennemis d’Israël, puis les chapitres 8 à 16 voient l’entrée en scène de Judith, l’héroïne par qui Dieu sauvera son peuple.

Explications

Jeune veuve, Judith est très belle, riche et très pieuse. Alors qu’à Bétulie, les juifs sont assiégés et condamnés à mourir de soif, les anciens lancent un ultimatum à Dieu : s’il n’intervient pas dans les cinq jours ils se rendent à Holopherne.

Judith réunit les anciens chez elle et leur tient un discours plein de vigueur où aux reproches succèdent les exhortations à la prière et à l’espérance en Dieu. Pour elle, la bonne conduite du peuple est le gage d’une intervention divine.

Judith replace l’épreuve actuellement traversée par son peuple dans la perspective plus large de l’histoire d’Israël, elle prend alors le sens d’une mise à l’épreuve. Ce n’est pas un châtiment irréversible.

Judith entre en résistance, elle décide de lutter contre leurs ennemis et s’impose de réussir avant le fin du délai fixé par les anciens. Elle se met à la disposition de Dieu.

Elle prie ardemment Dieu, lui demandant : « Fais que mes paroles trompeuses blessent et meurtrissent à mort ces gens qui ont fait des projets redoutables contre ton alliance, ton saint temple, la colline de Sion et le pays habité par ton peuple, 9,13. » Puis elle se fait extrêmement belle, fait préparer un sac de provisions qui lui permettra de ne pas enfreindre les lois alimentaires juives, et se rend avec sa servante dans le camp des assyriens. Là, elle persuade Holopherne, le général en chef des ennemis, qu’elle a déserté, qu’elle est avec lui et que son Dieu va l’aider à vaincre.

  • Lis Judith 12,1-9 : Judith est une juive très pieuse. Même lorsqu’elle est au camp d’Holopherne elle respecte les interdits alimentaires de sa religion ainsi que les rites quotidiens de purification et de prières. Dans le camp, tout le monde connaît ses habitudes.
  • Lis Judith 12,10-20 : Au bout de quatre jours, le délai octroyé à Judith approche de son terme, Holopherne qui n’a pas oublié Judith, organise un banquet auquel il la convie. Il veut en faire sa maîtresse. Avec ironie, Judith rentre dans le jeu. Selon son habitude, elle mange frugalement les plats apportés par sa servante tandis qu’Holopherne s’enivre. Que penses-tu du stratagème de Judith, de la manière qu’elle a de contourner la vérité depuis qu’elle est arrivée au camp ?
  • Lis Judith 13, 1-10 : Face à un Holopherne amoindri par la boisson, avant d’agir, Judith prie. Elle a besoin de l’aide de Dieu pour accomplir l’acte qui lui permettra de sauver son peuple. Elle l’appelle à son secours. Même si Dieu est tout puissant, son action passe par des hommes ou des femmes qui trouvent la force d’agir en la confiance qu’ils ont en lui.
Rachel
Le livre de la Genèse raconte une histoire familiale sur plusieurs générations. Elle commence avec l’appel d’Abraham, se poursuit avec ses deux fils, Ismaël, Isaac et leurs familles et se termine par les récits des jumeaux Esaü et Jacob. C’est dans cette dernière partie que nous avons choisi un passage. Il se situe au moment où Jacob a déjà acheté le droit d’aînesse pour un plat de lentilles, et pour recevoir la bénédiction paternelle il s’est fait passer pour Esaü. Maintenant il est en fuite pour échapper à la colère de son frère. Il traverse les régions montagneuses du désert pour rejoindre la famille de sa mère et y trouver si possible une protection et une épouse.

Explications

Jacob est en fuite. Il quitte la Palestine pour rejoindre la ville de Haran. Le texte raconte que Jacob découvre un puits. Pour lui cela veut dire qu’il va pouvoir rencontrer des personnes, s’informer pour savoir où il est, et questionner les gens pour savoir si son oncle est encore vivant. Pour des nomades, le puits est un point d’eau fixe autour duquel s’organise la vie sociale, où l’on vend et achète, où l’on gère aussi des tensions et des conflits, et où l’on contracte des mariages.

Quels sont les lieux où s’organise la vie sociale pour toi / pour nous ?


L’eau est indispensable à la vie. Mais on ne la trouve pas toujours facilement. Il faut chercher, creuser profond, construire des puits. C’est pourquoi l’eau symbolise aussi les autres réalités indispensables à la vie humaine comme le sens de l’existence.

Pour toi, quels sont les éléments non matériels indispensables à la vie humaine ?


Le puits est une image de l’intelligence : il faut aller au fond pour comprendre le vrai sens des choses. Ne pas enlever la pierre du puits, ne pas le dé-couvrir, c’est s’exposer à la mort.

Selon toi, ne pas chercher du sens à sa vie, est-ce aussi s’exposer à la mort ?


Une scène émouvante : un premier regard et le coup de foudre de Jacob pour Rachel !

Dans les familles, la découverte d’un nouveau cousin est source de joie et de curiosité. Chacun s’embrasse, se congratule, se raconte et se découvre. C’est toute la chaleur de l’accueil familial.
Rebecca
Rebecca © D.R
Rebecca entre en scène dans le récit de la Genèse lorsque Abraham est devenu très vieux. Son épouse, Sara, vient de mourir, il ne peut retarder plus longtemps le mariage d’Isaac, son fils, qu’il doit régler lui même selon la tradition. Homme de foi, « Le Seigneur, le Dieu du ciel, m’a fait quitter la maison de mon père et mon pays d’origine. Il m’a appelé et m’a juré de donner ce pays-ci à mes descendants. » il charge de cette mission très délicate son serviteur, Eliezer.

Pour empêcher que son fils Isaac n’épouse une cananéenne, il fait jurer à Eliezer de ramener du pays de Nahor en Haute Mésopotamie, une femme de sa parenté. Devant ses hésitations, il dit encore « Il [Dieu] enverra son ange devant toi pour que tu puisses ramener de là-bas une femme pour mon fils, Gn 24,7. » Cette mission est couronnée de succès : il ramène Rebecca qui deviendra la mère des jumeaux Esaü et Jacob et favorisera la substitution du deuxième au premier pour les avantages attachés au droit d’aînesse.

Le récit de l’ambassade d’Eliezer est un des plus beaux morceaux de la Bible :

Comme tous les nomades, Eliezer sait que c’est autour du puits, lieu de vie, que le soir se réunissent les troupeaux, les bergers et les bergères.

Avant de se lancer dans l’action, Eliezer se recueille. Il réfléchit à sa mission, met au point une stratégie, et prie Dieu de l’aider à reconnaître l’élue.

L’accueil ouvert et chaleureux dont Rebecca fait montre à l’égard d’Eliezer, un inconnu, est fidèle à la tradition d’hospitalité des nomades.

Cette attitude envers l’étranger est-elle toujours la nôtre ?

Quand quelqu’un que tu ne connais pas arrive, quelle est ta réaction vis à vis de cette personne ? Es-tu curieux ? Indifférent ? Sur tes gardes ?


Eliezer est accueilli dans la famille de Rebecca. Avant même de se nourrir, il fait un discours détaillé destiné à se présenter. Après avoir relaté l’essentiel des évènements et montré qu’ils correspondent à la volonté de Dieu, comme convenu avec Abraham, il fait sa demande en mariage pour Isaac.

Pour que s’accomplisse la promesse de Dieu, Eliezer veut partir tout de suite. Pour répondre à cet appel Rebecca décide de tout quitter. C’est dans la vie courante et quotidienne, de façon très simple que Dieu appelle.

À la lumière de cet exemple, penses-tu que Dieu t’appelle dans ta vie ?

Dernière mise à jour le 06 Juillet 2009

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