Verset du 18 Décembre 2009
Page vue 562 fois 
Favori des utilisateurs : 28 fois
Éclairage
On présente quelquefois l'évangile de Luc comme la plus belle histoire jamais racontée. Cette histoire se rapporte bien entendu à Jésus, mais comme tout bon scénariste, Luc prend le temps de poser le décor avant de mettre en scène celui qui est au centre de ses préoccupations et de sa foi. Les prophètes d'Israël avaient annoncé la venue d'un jour où le Seigneur manifesterait sa bonté pour son peuple. Ce jour est présenté comme un jour de grand pardon pour toutes les fautes du passé, mais aussi un jour de réconciliation. Le prophète Malachie, que beaucoup d'éditions de la Bible placent à la fin de l'Ancien Testament et juste avant les évangiles, se termine par cette promesse : avant que vienne le jour du Seigneur, ce jour grand et redoutable, je vais envoyer le prophète Elie... (Mal 3.23-24)
Elie, le grand prophète de la purification religieuse d'Israël. Appelé par Dieu à la pire époque de l'abandon du Seigneur, alors que le roi Achab et sa femme Jézabel ont installé dans tout le pays des sanctuaires dédiés aux dieux cananéens avec des armées de prêtres et de prophètes pour faire la promotion de ce culte auprès du peuple. Elie vient, seul contre tous, pour défier au nom du Seigneur ces serviteurs du néant protégés par la reine (1 Rois 18). Au début de l'évangile de Luc, le messager qui s'adresse à Zacharie lui annonce que le fils que le Seigneur va lui donner sera ce nouvel Elie qui accomplira ce travail de purification auprès du peuple et qui formera un peuple uni et réconcilié pour accueillir son Seigneur. La révolution qui est en marche se fera donc selon un scénario en deux parties. Première partie : la préparation. Un prophète viendra comme Elie pour sensibiliser le peuple, le réveiller de sa torpeur, le purifier de ses fautes et faire monter en lui l'attente d'un sauveur. Deuxième partie : entrée en scène du Sauveur, accueil enthousiaste et scènes de ferveur populaires, mais attitude méfiante des autorités au pouvoir.