Devant le silence de Dieu qui ne répond pas à ses demandes, Saül prend les devants et accomplit lui-même les sacrifices pour arracher à Dieu la bénédiction. L'acte est un sacrilège : seuls les prêtres descendants d'Aaron sont mandatés en Israël pour présenter des sacrifices. Saül s'arroge un droit que la loi ne lui donne pas.
Cet acte est d'une gravité extrême car Saül ne respecte pas le partage des pouvoirs qui prévaut en Israël. Le roi n'a pas tous les droits. Les prêtres et les prophètes en Israël sont chargés de lui faire des observations sur sa conduite ou sur ses choix dans les différents domaines de la vie publique. Abolir cette frontière, c'est abolir le contre-pouvoir qu'elle institue et ouvrir un risque de dérive autocrate, dangereuse pour tout le peuple. En punition de son abus de pouvoir, Dieu décide que Saül ne mérite plus de régner sur son peuple et prend la décision de désigner quelqu'un d'une autre famille pour lui succéder.