Le chrétien court deux danger : se considérer lui-même comme solide, inattaquable, indestructible ou d'un autre côté considérer les difficultés qu'il traverse comme une épreuve terrible à laquelle il n'est pas certain d'échapper. Ces deux catégories de chrétiens devaient se côtoyer dans l'Église de Corinthe et c'est pourquoi Paul développe successivement deux arguments dans ce passage.
Il prend tout d'abord exemple sur le peuple d'Israël pendant son séjour dans le désert du Sinaï : bien que buvant chaque jour l'eau jaillie miraculeusement du rocher et mangeant chaque jour une nourriture miraculeuse tombée du ciel, ce peuple s'est révolté contre Dieu et pas un d'entre eux n'a pu entrer dans la terre promise. À l'intention des chrétiens qui au contraire sont terrorisés par l'épreuve, Paul adresse ensuite la promesse que Dieu ne cherche pas à écraser les fidèles sous les difficultés, mais qu'avec l'épreuve il leur donne aussi la force d'en sortir victorieux. En cas de tentation caractérisée, mieux vaut ne pas partir battu mais considérer qu'il est toujours possible de surmonter l'épreuve.