Lorsque David revient du champ de bataille, auréolé de sa victoire spectaculaire sur le géant Goliath, il reçoit les acclamation du peuple et notamment des femmes. Cet accueil triomphal irrite le roi Saül qui se voit ainsi dépossédé du prestige de la victoire. Saül comprend ce jour-là que la ferveur populaire est aussi le signe de la bénédiction de Dieu sur David et Saül ne peut se résoudre à cette perspective. Lui qui avait pourtant promis au jeune vainqueur de lui donner sa fille en mariage, il s'enferme dans un sentiment de profonde jalousie à l'égard de David qui cumule toutes les qualités : il est courageux, il plaît aux femmes, il sait jouer de la lyre et chanter et malgré tout, il reste loyal envers son roi.
Exaspéré par la présence de ce rival qu'il a lui-même invité au palais, Saül essaie par deux fois de le tuer. Certes Saül est un homme tourmenté, le texte nous le décrit en train de divaguer dans sa maison, mais ce texte sonne aussi comme une mise en garde. Attention que l'intelligence, la foi, les dons et qualités ne soient pas perçus par l'entourage comme des marques d'arrogance ou d'intolérance. L'apôtre Paul le recommandait souvent aux chrétiens qui subissaient l'hostilité des Juifs et des Grecs : « vivez dans la douceur et dans l'humilité ».