Verset du 17 Août 2010
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Éclairage
La foi chrétienne s'inscrit dans une certaine continuité avec le judaïsme, mais aussi dans une radicale nouveauté. Notamment en ce qui concerne la façon de comprendre les Écritures. Pour la jeune Eglise, les Écritures doivent être relues à la lumière de l'enseignement, de la mort et de la résurrection de Jésus de Nazareth. Or c'est bien la mort de Jésus qui pose problème à de nombreux Juifs. Ils ne peuvent pas admettre que le Messie de Dieu soit ainsi tenu en échec. Humiliés par l'occupation romaine et par la perte de leur souveraineté nationale, ils attendent un chef, un vrai, qui restaurera la foi d'Israël, mais qui lui rendra aussi sa fierté. Un chef de guerre qui, comme David l'avait fait avec les Philistins, conduira son peuple à la victoire et à l'indépendance. Une telle compréhension du Messie s'appuie sur une petite partie seulement des textes de l'Ancien Testament.
La plus grande partie des textes du Pentateuque (la Loi de Moïse) et des prophètes, décrivent au contraire un peuple rebelle à la volonté de Dieu, et Dieu finalement tenu en échec par la révolte de son peuple. Les prophètes, y compris Moïse, sont persécutés parce qu'ils n'annoncent pas le message de facilité que le peuple voudrait entendre, certains d'entre eux sont mis à mort. Le livre d'Esaïe comporte plusieurs poèmes qui décrivent le Serviteur du Seigneur sous les traits d'un homme humilié, maltraité, mis à mort. Mais Dieu lui conserve néanmoins sa faveur et lui accorde une délivrance spectaculaire (voir Es 52.13–53.12). De plus en plus, dans les textes les plus tardifs de l'Ancien Testament se précise l'idée que le salut viendra au prix d'un tel sacrifice de la part de l'envoyé de Dieu. C'est à cette condition qu'il pourra devenir une lumière pour les nations.