Verset du 29 Août 2010
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Éclairage
Le roi Ahaz joue au chef. Visiblement, il aime commander, concevoir, réformer, organiser. Il en tire certainement une fierté personnelle. Mais tout cela mène à quoi ? Réformer, pourquoi pas, mais pour arriver où, dans quel but ? Avec quel projet pour le peuple ? Du temps d'Ahaz jusqu'à aujourd'hui, les populations ont besoin de se mobiliser autour d'un projet commun qui assure la cohésion sociale, qui permet de consentir aux efforts nécessaires pour parvenir à la réalisation de ce projet. Mais là, qu'est-ce qui motive les réformes engagées par Ahaz ? Rien d'autre que la volonté de se maintenir au pouvoir coûte que coûte, en sacrifiant le trésor national. Aujourd'hui on dirait : en créant du déficit public.
Ahaz est aussi motivé par le mimétisme avec la Syrie. Il a vu un très bel autel dans le temple de Damas, alors il veut le même à Jérusalem, quitte à bousculer l'ordonnancement du temple établi depuis des siècles. Or, à côté de cela, on ne peut pas dire que le roi Ahaz soit un exemple de piété : il offre des sacrifices comme les Cananéens sur les lieux élevés où poussent des arbres verts (sensés faire la jonction entre la terre et le ciel) et même, comble de l'abomination, il a offert son propre fils en sacrifice, ce qui est rigoureusement interdit par la loi de Dieu. Bref un chef à la conduite incohérente, au projet illisible, qui sacrifie les biens nationaux au profit de sa seule ambition, qui ne fait pas les réformes que l'on attend de lui, mais qui cherche par contre à régenter ce qui ne fait pas partie de ses attributions, ça ne vous rappelle rien ?...