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Écrit par Christian Bonnet, le 18/01/2010 à 15:14

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Éclairage
Voilà une parole de Jésus qui sonne comme une provocation ! Et dont le sens a souvent été détourné. Un discours conservateur visant à ne pas remettre en cause les inégalités sociales s'est servi de cette parole de Jésus pour étouffer l'espoir des pauvres pour un changement de leur situation en leur faisant miroiter je ne sais quelle récompense dans le ciel. La religion a pu jouer le rôle d'opium pour le peuple si décrié par le philosophe Karl Marx. On peut difficilement le nier. Mais c'est faire violence au discours de Jésus que de le réduire à une sorte de pommade apaisante que l'on pourrait passer sur la misère du monde pour la rendre un peu plus supportable. Dans l'évangile de Luc, les oppositions sont très marquées dans ce discours dit des ‘Béatitudes’. Opposition radicale entre d'un côté, les pauvres, ceux qui ont faim et ceux qui pleurent, et d'un autre côté les riches qui vivent dans l'abondance et pour qui la vie n'est qu'insouciance.
Se plaçant dans la plus pure tradition des prophètes de la Bible, Jésus annonce un renversement des valeurs. Oui, Dieu fait un choix : il fait le choix de rétablir les pauvres dans leur dignité et de leur accorder les premières places dans son royaume. Il fait le choix de mettre en oeuvre le partage pour qu'ils reçoivent aussi leur part du gâteau. Il s'approche d'eux pour leur dire sa tendresse et leur apporter la consolation. Quand aux riches, ceux qui n'entrent pas dans son projet, qui s'arc-boutent sur leurs richesses, qui refusent de lâcher le moindre privilège et qui persistent dans leur cynisme, eh bien ils attirent sur eux-même le malheur, car tôt ou tard Dieu leur fera payer le prix de leur obstination et de leur aveuglement. Ce royaume de Dieu n'est pas à attendre pour la fin des temps. Il est déjà là et déjà il se dessine. Le discours de Jésus est beaucoup plus révolutionnaire qu'on veut bien le dire.
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