Verset du 22 Mars 2010
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Éclairage
Si je fais quelque choses pour Dieu, est-ce pour m'attirer ses faveurs ? Pour susciter de sa part une forme de reconnaissance ? Pour mériter son salut ou sa bénédiction ? Ma relation avec Dieu doit-elle toujours être conduite par l'intérêt ? Une sorte de donnant donnant avec lui ? Je fais pour lui pour qu'il fasse pour moi. Quels sentiments sont mis en oeuvre à travers cette logique marchande ? Rien de très noble ! Dans ce passage, Jésus compare les croyants désireux de plaire à Dieu à des serviteurs qui travaillent pour leur maître. Le maître qui a de nombreux serviteurs va-t-il remercier chacun d'entre eux après chacune des tâches qu'ils accomplissent dans le cadre de son travail ? Bien sûr que non. Le serviteur ne peut pas fonctionner comme un chien qui attendrait son susucre chaque fois qu'il obéit à un ordre. Il n'y a aucune rétribution à attendre de Dieu pour ce que nous faisons pour lui. Nous n'avons fait que notre devoir minimal. Il ne nous doit rien.
Comme souvent, Jésus pousse le raisonnement à l'extrême pour nous montrer l'impasse dans laquelle nous conduit notre manière inappropriée de comprendre Dieu. Si nous imaginons Dieu comme celui qui distribue des récompenses, nous faisons fausse route. Il nous faut plutôt réaliser que Dieu est celui qui nous a aimés le premier. Qui est venu se jeter à notre cou alors que nous étions encore loin (comme dans l'histoire du fils perdu et retrouvé au ch. 15). Qui nous pardonne et nous donne la vie gratuitement. Après ce geste totalement désintéressé de la part de Dieu, quelle peut être notre réponse. Une gratitude éternelle et un vif désir de partager autour de nous cette bonne nouvelle. La dynamique de la grâce plutôt que l'étroitesse du calcul.