Verset du 30 Mars 2010
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Éclairage
A certains moments de l'histoire du christianisme et notamment durant l'époque coloniale, on a interprêté cette parole comme si la loyauté envers César, allait de pair avec la loyauté envers Dieu. En gros, on se servait de la soumission à Dieu obtenue chez les populations indigènes pour justifier la poursuite de l'exploitation économique à laquelle on les contraignait. Or ces deux loyautés entre Dieu et César ne font pas toujours bon ménage, Jésus le rappelle en condamnant de façon ferme les autorités corrompues. Le livre de l'Apocalypse décrit César sous les traits d'une bête qui revendique l'adoration de ceux qu'elle a conquis (Ap 13.17).
Les chrétiens désobéissent à l'ordre d'adorer l'empereur, mais ils ne peuvent pour autant se soustraire à l'obligation de payer l'impôt. Ils doivent se soumettre aux lois de leur pays et payer les impôts tant que cette loyauté ne vient pas en contradiction avec la loi de Dieu. Nous voyons cette obéissance conditionnelle illustrée ailleurs dans le Nouveau Testament, lorsque les autorités juives tentent d'interdire aux chrétiens de parler de Jésus-Christ. Les chrétiens, dans ce cas, ne peuvent se soumettre à une loi qui vient en contradiction directe avec un ordre reçu de Dieu (Act 4.19). Dans des situations de tension, de corruption, de népotisme, d'oppression, de non respect des droits de l'homme, les chrétiens sont invités aussi à obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes.