Verset du 27 Novembre 2010
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Éclairage
Certains spécialistes du livre de l'Apocalypse ont démontré que le livre est construit comme une célébration liturgique. La forme en dialogue reproduit probablement des pratiques interactives qui avaient cours dans les Eglises chrétiennes, à la fin du premier siècle. Le culte devait se dérouler de façon antiphonée entre l'officiant, le groupe des anciens, les catéchumènes, et le reste de l'assemblée. On en retrouve la trace en de nombreux passages du livre de l'Apocalypse et encore une fois ici, avec ces interventions successives de l'Esprit et de l'épouse, de celui qui entend et de celui qui a soif. L'épouse désigne le peuple chrétien dans son ensemble, en insistant sur la communion qui l'unit à son Seigneur et maître. Celui qui entend est le participant supposé à ce culte 'des derniers temps' qu'est le livre de l'Apocalypse, le fidèle invité à entrer dans cette attente du Christ et à la faire sienne.
L'invitation à 'celui qui a soif' est lancée à toutes les personnes en recherche, en quête de sens. On imagine cette invitation adressée dans l'Eglise primitive aux catéchumènes qui avaient terminé leur formation chrétienne et qui étaient ainsi appelés à recevoir l'eau du baptême. Cette invitation est très fréquente dans les écrits attribués à Jean : "Celui qui vient à moi n'aura jamais faim et celui qui croit en moi n'aura jamais soif" dit Jésus (Jean 6.35) et encore "Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive jailliront de son cœur" (Jean 7.37). Etre comblé sans rien avoir à payer, voilà la belle image de gratuité du salut que nous laisse l'Apocalypse, voilà l'invitation qu'elle adresse à chacun de la part de Dieu.