Après les béatitudes qui nous interpellent avec force, Jésus poursuit avec des paroles pour le moins surprenantes. « Vous êtes la lumière du monde ». Pas « vous le deviendrez si… » ou « vous le serez quand… » ni « vous devez être la lumière du monde ». Mais vous ETES la lumière du monde. C’est d’autant plus surprenant que Jésus dit ailleurs : « Je suis la lumière du monde » (Jean 8,12). Si donc nous vivons en disciples, nous sommes nous aussi porteurs de cette lumière, nous sommes lumière du monde. Cela définit notre vocation qui résulte de l’appel du Christ. Il faut entendre ce que cela veut dire : non pas « vous avez la lumière, votre prédication, votre message… », mais « vous êtes la lumière, dans toute votre vie, dans la mesure où vous restez attachés à l’appel que vous avez reçu ». Parce que les disciples sont la lumière du monde, ils ne peuvent plus rester cachés. La lumière brille, elle est visible comme une ville sur une montagne que l’on voit de loin. La lumière est faite pour être vue et éclairer. Vouloir cacher la lumière, devenir invisible, c’est renier l’appel reçu, et renier le Christ. Vivre dans la lumière, c’est faire les bonnes œuvres auxquelles nous sommes appelés, celles dont parlent les béatitudes : le renoncement, la pauvreté, la soif de justice... C’est vivre de la croix, où l’amour se manifeste entièrement.
C’est à nouveau une parole qui nous interpelle quand nous sommes tentés de nous conformer au monde, de nous faire discrets, par peur des autres, par peur du témoignage, par peur de ne plus faire partie du groupe d’amis. Elle nous appelle à vivre en conformité avec le Seigneur, à prendre le chemin de la croix, car là brille une lumière étrange et forte qui bouleverse tout dans ce monde. Nos œuvres de lumière rendent visibles la croix, l’amour et la vie de Dieu. Chemin exigeant penserons-nous, oui ! Mais c’est le chemin du disciple.