Psaumes © ABU
A l’intérieur du Psautier, nous trouvons des exemples de prières collectives et personnelles adressées à Dieu dans les situations concrètes de la vie. Leur langage imagé passe souvent de la supplication à l’action de grâce, de la lamentation à la louange, de la méditation aux cris de joie.
> Dossier réalisé par Stefan Munteanu, professeur à l'Institut de théologie orthodoxe St Serge, à Paris.
C’est le genre littéraire le plus étendu du Psautier et on pense qu’ils représentent plus de 55% de tout le Psautier. La « supplication » ou la « lamentation » est la façon habituelle de s’adresser à Dieu dans la souffrance et la douleur. Dans ces psaumes, le cri envers Dieu vient de la part d’un pauvre, d’un marginalisé, d’un persécuté, d’un malheureux ou de toute personne qui vit une situation de profonde humiliation. Abandonné et refusé de tous, celui qui souffre s’abandonne et se réfugie auprès du Seigneur, il pose toute son espérance en Dieu, le seul qui puisse encore le sauver.
Ces psaumes peuvent nous aider dans nos prières lorsque nous faisons l’expérience de la souffrance à cause de la maladie, de la mort d’une personne aimée, de la défaite, de la calomnie, de l’oppression, de la solitude...
Dans ces psaumes Dieu est souvent décrit comme quelqu’un qui détruit avec violence tous les adversaires : « que ses jours soient réduits, qu’un autre prenne sa charge, que ses fils soient orphelins, que sa femme soit veuve » (Ps 109,8-9). Le vocabulaire est ici utilisé pour dénoncer la violation de la justice sociale. Devant une injustice subie, la victime n’a pas d’autre choix que d’implorer la justice divine pour revendiquer le droit violé. Cependant, nous observons que cette prière adressée à Dieu devient souvent imprécation et demande la revanche contre les adversaires. La prière est alors un appel à la « colère de Dieu ».