Introduction
Père-fils © ABU
De très nombreux textes mettent en scène les relations humaines, non seulement pour les décrire et en rendre compte mais pour interpeller le lecteur et l’amener à s’interroger sur son lien à l’autre.
Père-fils
Dans l’Ancien Testament, Dieu considère comme son fils le peuple qu’il a choisi pour établir avec lui son alliance. C’est lui qui a créé ce peuple, à la sortie d’Egypte, le libérant de l’esclavage. Il est à son origine et il lui donne son identité : être le peuple composé de ceux qui lui rendent un culte, obéissent à ses lois et lui rendent témoignage au sein des autres peuples.
Dieu est aussi un père proche et aimant qui protège et soutient comme le font normalement des parents. Encore faut-il le reconnaître comme tel.
Dans le Nouveau Testament, c’est Jésus qui est le Fils de Dieu : il agit en relation étroite avec son Père et incarne pour les êtres humains le visage de Dieu tourné vers eux. En Jésus, Dieu devient aussi le père de ses disciples, un père que ceux-ci ont sans cesse à découvrir.
S’accepter et se reconnaître comme enfant du Dieu de Jésus-Christ, c’est trouver son origine et son identité ailleurs qu’en soi-même, ailleurs aussi que dans des idéologies et/ou des leaders politiques ou religieux. C’est un engagement dans une vie de relations particulières avec celui qui est Tout-Autre et avec les autres humains envisagés comme sœurs et frères d’une famille particulière, celle des enfants de Dieu, famille ouverte, sans frontières.
Quel frère es-tu ?
Le ton est donné dès les premières pages de l’Ancien Testament, avec le premier couple de frères : Caïn et Abel. Ce récit de la Genèse affronte la rivalité et la violence fratricides. C’est dans ce texte que le terme de « péché » apparaît pour la première fois dans la Bible, c’est dire l’importance de ce qui se dit là. Au centre de ce récit se trouve un dialogue que le lecteur peut s’approprier et laisser résonner dans sa propre existence : « Où est ton frère Abel ? - Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ? » Ces deux questions sont reprises sous de multiples facettes dans un très grand nombre de textes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Ils invitent le lecteur à prendre conscience de sa responsabilité à l’égard de ses frères – qu’ils soient biologiques ou non. Qui dit frère dit aussi famille. En ce domaine, Jésus a opéré une révolution, faisant de celles et de ceux qui font la volonté de Dieu ses frère, sœur et mère. Il relativise ainsi la famille biologique et recompose l’identité familiale selon une nouvelle modalité, théologique et éthique. Dans ce sillage, les premières communautés chrétiennes se sont pensées comme des communautés de frères et de sœurs d’un même Père. Elles eurent souvent à affronter des problèmes internes, comme dans toute famille. Des auteurs, l’apôtre Paul notamment, ont développé une réflexion pour aider les communautés à vivre en articulant diversité, conflit et cohésion. C’est ainsi que la communauté chrétienne est comparée à un corps constitué de plusieurs membres. Au fil de ses pages, la Bible interroge le lecteur : quel frère es-tu ?
Quel est le nom de Dieu ?
Dans la culture biblique, le nom propre ne désigne pas seulement une personne, il est cette personne. Nommer quelqu’un c’est donc toucher à son identité. Or, dans l’Ancien Testament, il est inconcevable que l’être humain connaisse Dieu tout à fait et se l’approprie. Celui-ci est considéré comme le Tout-Autre : même si Dieu se manifeste aux humains en paroles et en actes, ceux-ci ne sauraient avoir de mainmise sur lui. Ainsi, lorsqu’il se manifeste à Moïse et que celui-ci lui demande son nom, Dieu répond par une expression qui englobe plusieurs sens : « je suis qui je suis », « je suis qui je serai », « je suis celui qui est ». De nombreux autres textes montrent que Dieu, tout en se présentant, échappe à une parfaite compréhension. C’est dans ce sens que Dieu, dans l’Ancien Testament, porte plusieurs noms, notamment : El/Elohim (Dieu), YHWH (le SEIGNEUR), Adonaï (le Seigneur), Adonaï YHWH (le Seigneur DIEU), YHWH Elohim (le SEIGNEUR Dieu), Shaddaï (le Puissant), YHWH Sabaoth (le SEIGNEUR le Tout-Puissant). La signification de certains de ces noms n’est pas assurée. YHWH, par exemple, est formé à partir de l’expression mystérieuse d’Exode 3,11-14 et on ne sait comment il était prononcé. Par respect pour Dieu, lorsque les Juifs rencontrent ce nom dans les textes, ils le remplacent par « Adonaï » (le Seigneur). Ces divers noms propres n’épuisent pas l’identité de Dieu. En effet, Dieu se révèle également dans de nombreuses fonctions : roi, père, amant, consolateur, juge, créateur, mère. Dans le Nouveau Testament, Dieu se manifeste encore de façon différente. C’est en Jésus qu’il se rend présent aux humains. Rencontrer Jésus, c’est rencontrer Dieu. C’est en ce sens que Jésus est nommé le « Seigneur », comme Dieu dans l’Ancien Testament. Cette révélation est tout à fait inattendue. Certains des contemporains de Jésus n’ont pu l’admettre ; d’autres l’ont accueillie.
Dernière mise à jour le 10 Février 2010