Let's be different © DR
Nous avons à tout jamais perdu le son de la voix de Jésus, et je ne sais pas comment, ni sur quel ton il a déclaré
« heureux » ceux qui l'écoutaient sur la montagne, parmi lesquels des pauvres, des endeuillés, ou tous ceux qui se sentaient écrasés d'une manière ou d'une autre. « Heureux ! » : c'est le premier mot que prononce Jésus, puis le mot qui ponctue le début de son enseignement. C'est le premier mot que l'évangile te souffle à l'oreille aujourd'hui : « le bonheur est pour toi aussi ».
Je suis touché par ce premier mot du Seigneur, loin de l'image d'un Dieu qui d'abord dicte, exige, juge. Cette bienveillance dépasse même ce que l'on peut imaginer, car Jésus a vu dans cette foule des hommes et des femmes « au cœur pur ». Ainsi Jésus a d'abord vu ce qui était beau. Et d'ailleurs à propos du mal et de sa laideur, il voit toujours d'abord - ce qui fait mal -, ce qui blesse et défigure. Ainsi, des regards qui restaient baissés ont osé se relever.
Heureux pour quel bonheur ? Au sein même de l’épreuve, Jésus ouvre une perspective, remet en marche, et dessine un double projet pour chacun : s’engager soi-même dans des gestes de sollicitude envers son prochain, et se laisser accompagner comme un fils compte sur l’amour de son Père. Les nantis, les simples curieux, ceux qui n’attendent rien, les arrogants… repartent à vide au désert de leur solitude, malades de leurs possessions, dans le malheur de leur pauvreté spirituelle, privés de l'amitié de Dieu
(lire Lc 6 20). Pour
ce dossier du mois de février : « A contre-courant »,
Anaïs, qui vit dans un "Point-Coeur", et
Louis qui a vécu un an dans une communauté américaine de l'Arche témoignent de leurs engagements auprès des plus faibles.