Sortir les enfants de la rue à Lomé...
Explications
Gabriel Amouzou avait 27 ans lorsqu’il a été touché par le sort des jeunes en prison (brigade pour mineurs) à Lomé, la capitale du Togo, lors d’un stage de son école pour devenir éducateur. Ces enfants, emprisonnés le plus souvent pour avoir volé de quoi manger ou tout simplement parce qu’ils sont livrés à eux-mêmes, repartent dans la rue sans accompagnement. Aujourd’hui, Gabriel a 35 ans et accueille près de 200 enfants dans son ONG Ange (ensemble pour la promotion et la protection des Droits de l’Enfant), née en 2001, partenaire de Fondacio. Son but est de trouver des familles d’accueils à ces jeunes, ou de les réinsérer dans leurs familles. Interview.
Activités ?
Gabriel Amouzou : "Ange offre un lieu de transition entre la rue (ou la prison !) et la réinsertion de l’enfant dans la société. Il s’agit donc d’un lieu d’écoute et de recherche des réponses les plus adaptées. Quels sont ces liens les plus proches ? Quels sont les principaux obstacles ? Quelles solutions pour les aider ? Une fois qu’un enfant est ‘placé’, nous continuons son suive, avec une aide qui peut concerner la vie quotidienne (nourriture, habits, chaussures, hygiène…), l’éducation (la scolarisation ou la formation professionnelle) ou la santé. Ange propose aussi des activités sportives, artistiques ou éducatives, ainsi que des séances de remises à niveau scolaire. Nous faisons aussi beaucoup de campagne de sensibilisation de la population autour des problématiques de la jeunesse, à travers des émissions de radio, des ateliers, des meetings... L’année dernière il s’agissait de lutter contre l’exploitation sexuelle des jeunes filles. Et depuis deux ans, nous donnons l’accès à un numéro vert pour les enfants subissant des maltraitances, en collaboration avec l’UNICEF !"
Motivations ?
Gabriel Amouzou : "On m’appelle Fovi (grand frère le plus proche) car je mets ma vie au service des enfants, je les connais chacun individuellement, et je connais leur famille. Quand ils arrivent, ils croient qu’ils ne sont bons à rien. Ici, nous leur disons, et nous faisons tout pour leur faire comprendre, qu’ils ont du prix pour nous, que la société les attend ! A ce propos j’aime beaucoup la parabole de la brebis égarée."
Dernière mise à jour le 09 Décembre 2010