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Écrit par ZeAnim, le 29/01/2010 à 16:06

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Introduction
Traductions anglaises © ABU
La traduction de la Bible est une grande aventure humaine. Son histoire est étroitement liée à l’expansion du christianisme, qui, souvent associée à la conquête coloniale, bouleverse l’équilibre social et religieux existant. Mais les missionnaires contribuent au même moment à valoriser la culture et la langue du pays.  D’une génération à une autre, les traducteurs partagent une même conviction : toute langue et toute culture peuvent exprimer valablement le contenu de la Bible. Sans leur travail, la Bible serait restée un livre fermé pour la majorité des habitants de la planète. ZeBible s'intéresse aux dernières traductions françaises.
NBS
La traduction de la Bible par Louis Segond, réalisée à la fin du 19ème siècle, est très populaire dans le protestantisme francophone. Déjà révisée en 1978, dans la version « à la Colombe », l’évolution de la langue obligeait à une actualisation du vocabulaire. Mais la Nouvelle Bible Second (2002) a aussi fait l’objet d’un travail de révision très minutieux visant à rendre la traduction encore plus fidèle aux textes originaux et encore plus rigoureuse dans son expression. Les correspondances entre les mots du texte français reflètent autant que possible les correspondances dans les langues originales.
L’équipe de révision, soucieuse de favoriser l’étude des textes bibliques en profondeur, a recherché d’abord la cohérence. Cette traduction littérale s’efforce de rendre non seulement ce qui est dit, mais aussi la façon dont cela est dit. L’ajout de nombreux outils de lecture en font une véritable Bible d’étude.
L’une et l’autre utilisent une langue soutenue, d’une belle qualité littéraire. La NBS, plus récente, adapte son vocabulaire au langage contemporain.
Bible de Jérusalem
Bible de Jérusalem © ABU
Cette traduction (1956-révision 1998) voit le jour grâce à l’initiative d’un dominicain qui souhaitait, au sortir de la guerre, donner aux catholiques français la possibilité de revenir à une lecture régulière de la Bible. Une équipe d’une centaine de biblistes, pilotée depuis l’Ecole biblique de Jérusalem, se met au travail.
Les principes de la traduction sont simples : fidélité au texte original, et « rendre en français la beauté et la variété des livres bibliques ». Des écrivains veillent à la qualité du style. Un gros travail d’harmonisation précède la première publication en 1956. La révision de 1998 n’a que très peu retouché le texte, ce sont surtout les introductions et les notes de bas de pages qui ont été revues pour rendre compte des récentes avancées des sciences bibliques. Cette Bible est la plus appréciée parmi les lecteurs catholiques.
TOB
La Traduction Œcuménique de la Bible - (1975 - révisée 1988, 2010)
Pour la première fois, des catholiques et des protestants réalisent ensemble une traduction en français. Un projet identique avait été imaginé dès le 17ème siècle mais sans jamais aboutir. La TOB est l’œuvre d’une centaine de spécialistes. Chaque livre a été traduit par une équipe œcuménique, travaillant dans un souci d’exactitude et de clarté. La traduction a aussi été soumise à des biblistes orthodoxes.
La TOB adopte un ordre original pour les livres bibliques. L’Ancien Testament reprend l’ordre en trois parties de la Bible juive (Torah, prophètes, autres écrits). Les livres deutérocanoniques, reconnus par les catholiques et les orthodoxes mais pas par les protestants, sont regroupés à la fin de l’Ancien Testament. La TOB comporte des introductions et des notes à caractère scientifique, régulièrement révisées pour tenir compte des évolutions de la recherche biblique.
L’une et l’autre utilisent une langue de nombreux outils de lecture en font une véritable soutenue, d’une belle qualité littéraire. La NBS, plus récente, adapte son vocabulaire au langage contemporain.

Souvent utilisée dans les groupes bibliques, la TOB rapproche les lecteurs entre eux. Devenue familière à un grand nombre de chrétiens de toutes confessions, elle offre aujourd’hui une base commune, tant pour sa traduction que pour ses notes.
Chouraqui
Chouraqui © ABU
(révision 1985)
L’écrivain juif André Chouraqui souhaite donner au lecteur de la Bible un aperçu du génie de la langue hébraïque et de l’arrière-plan sémitique du Nouveau Testament. Pour l’Ancien Testament, il retranscrit dans sa traduction les subtilités et les jeux de mots présents dans la langue originale et pousse le littéralisme aux limites de la compréhension. Chouraqui traduit un même mot dans l’original par un même mot en français. Ainsi, les mots ruah en hébreu ou pneuma en grec sont systématiquement traduits par « souffle », là où les traductions plus traditionnelles choisissent tantôt « esprit », « souffle » ou « vent ». Pour les lecteurs qui n’ont pas accès aux langues bibliques, la traduction de Chouraqui peut souvent paraître déconcertante.
Bayard
La Bible, nouvelle traduction, Bayard (2001)
Cette traduction en dialogue avec la culture contemporaine s’efforce d’éviter le vocabulaire « d’Eglise » pour rejoindre un grand public étranger à toute culture chrétienne. Ainsi, on ne parle plus d’« Evangile » mais d’« Annonce », ni d’« Eglise » mais d’« Assemblée ». Chaque livre est travaillé par un duo composé d’un bibliste et d’un écrivain. Le choix de rendre la poésie hébraïque par une forme de poésie contemporaine surprend le lecteur habitué à des traductions classiques, mais il produit un texte très neuf, très décapant. La Bible Bayard, volontairement sans unité de style, choisit la surprise littéraire, le plaisir de l’écriture. La place marquée des traducteurs y est beaucoup plus importante que dans les autres moins de la compréhension du lecteur. Elle propose une sorte de calque littéral qui peut aider à découvrir les structures de la langue hébraïque, si différentes de celles du français. Rocailleuse plutôt que consensuelle, elle dépayse !
Parole de Vie
PDV © ABU
La Bible en français fondamental (2000)
A l’origine, cette traduction répond à la demande des évêques d’Afrique francophone qui souhaitaient une traduction de la Bible compréhensible pour un public dont la première langue n’est pas le français. Les traducteurs utilisent pour cela le travail du linguiste Georges Guggenheim qui a défini, à la demande de l’Unesco, les limites du « français fondamental » : un vocabulaire de 3500 mots environ, des phrases courtes, une conjugaison simple. Loin d’affaiblir le texte biblique, le fait d’être soumis à de telles contraintes linguistiques lui donne au contraire une vigueur et une actualité que les traductions classiques ne laissent plus soupçonner. Les lecteurs de cette version sont beaucoup plus divers que ce qui avait été prévu. Le texte est souvent utilisé en lecture publique. Il est apprécié des lecteurs sans culture biblique préalable.

Dernière mise à jour le 04 Février 2010

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