Des Cercles de silence pour se faire entendre
Écrit par ZeAnim, le 04/01/2010 à 10:10
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Introduction
Cercle de silence à Paris en mai 2008 © Jean-Marie Landrin
Dénoncer l’enferment systématique des sans-papiers : c’est le but des cercles de silence, nés le 30 octobre 2007 sous l’impulsion des franciscains de Toulouse. Aujourd’hui 169 villes françaises ont en fait l’expérience, et environ 145 d’entre elles les mettent en pratique régulièrement. Le cercle de Paris, créée en mars 2008, se réunit tous les troisièmes vendredis du mois devant le Conseil d’Etat. Rencontre avec un des membres de l'équipe d'organisation : Michel Martin, laïc franciscain.
Que dénoncez-vous ?
Les migrants, après un long voyage, se retrouvent enfermés dans un centre de rétention administratif (CRA) parce qu’ils n’ont pas de papiers d’identité française : est-ce que cela veut dire qu’ils représentent un danger pour la société ? Cette situation, qui engendre des drames familiaux (séparation de couples et/ou parents/enfants), n’est pas tolérable dans un pays de liberté. Nous ne prétendons pas avoir de solutions pour la régulation des frontières mais nous luttons pour la dignité humaine.
Or l’État français et l'Union européenne durcissent les lois. En France la période d’enfermement dure 32 jours, une directive européenne l’allonge à 18 mois ! Le fait d’attribuer la mission d’information de la Cimade à d’autres organismes, rend plus difficile la communication. En effet, la Cimade avait une vision globale de la situation des migrants. Ce qui gênait le gouvernement. La politique de quotas actuelle prend les personnes pour des numéros. Pire, les renvois en charter des migrants venant de pays en guerre (comme c’était le cas dernièrement pour sept afghans), les met en grand danger. Avant de prendre une telle décision, il vaudrait mieux s’interroger sur les raisons du départ ; lorsque l’on part de son pays, on quitte tout. Ce déracinement n’est jamais choisi de gaieté de cœur !
Pourquoi faire 'un cercle de silence' ?
Dans un cercle il n’y a pas de hiérarchie, tout le monde est au même niveau, à même distance du centre. Le fait de manifester en silence rappelle la philosophie de non-violence gandhienne. C’est aussi à la portée de tous. Pendant une heure, chacun est renvoyé à sa propre conscience. Selon les villes, des différences existent parfois dans la fréquence des cercles, ainsi que dans la démarche. L’important, je pense, c’est la régularité. Être présent à chaque fois donne une force d’interpellation et transforme les cœurs, croyez-moi !
Comment réagissent les passants ?
Une telle manifestation provoque forcément la curiosité. La plupart des passants s’approchent et lisent les pancartes accrochées à notre dos. Certains nous rejoignent, d’autres continuent leur chemin en silence. Bien sûr, il y a toujours des agitateurs. Une fois, un groupe s’est mis au centre du cercle dans le but de faire un maximum de bruits. D’un commun accord, nous nous sommes tous retournés. Ils sont très vite partis !
Dernière mise à jour le 18 Janvier 2010