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Puiser dans ses racines pour mieux s’implanter

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Écrit par ZeAnim, le 04/10/2010 à 13:20

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Introduction
STK Ivry © FPMA - Sections STK
Que l’on soit né en France ou non, lorsque l’on appartient à une communauté d’immigrés, son intégration dépend souvent du partage d’expérience que l’on a à l’intérieur de cette même communauté d’origine. C’est ce que constate le groupe de jeunes chrétiens malgache (STK), qui est l’une des composantes de l’Eglise protestante malgache en France, la FPMA. Ainsi, quatre jeunes issus des groupes de Paris Grands-Champs et d’Ivry se sont réunis autour de leur président national, Ranja Rarivoseheno, pour partager avec les zebibliens ce qui a facilité ou freiné leur insertion. Leurs témoignages sont ponctués de conseils aux nouveaux arrivants et de références bibliques…
Les aides
STK Ivry © FPMA - Sections STK
Ranja RARIVOSEHENO, Président National de la STK, 24 ans, né en France : « Bien que l’on ne parlait que le malgache à la maison quand j’étais petit, mes parents ont fait beaucoup d’efforts pour m’aider dans mes devoirs, dans le but de maîtriser la langue française. Mission réussie puisque je suis devenu un « amoureux de la langue française ». Ainsi, la langue a été motrice de mon insertion. L’Eglise, en l’occurrence la FPMA, est également un élément déterminant dans mon insertion en tant qu’immigré. Au-delà de notre désir de s’intégrer dans ce pays natal qu’est la France, il est important, voire indispensable, de ne pas oublier nos racines malgaches. Et la FPMA m’a permis de retrouver des gens qui me ressemblent, qui suivent les mêmes traditions et partagent la même culture. Enfin, la section des jeunes, la STK, m’a vraiment permis de m’épanouir spirituellement, mais aussi personnellement. Et toutes ces expériences spirituelles, humaines, associatives, sont des éléments qui facilitent encore plus mon insertion. »

Arielle, 22 ans, née en France : « Quand mes parents sont arrivés en France, ils avaient déjà une bonne maîtrise du français. Du coup, dès mon plus jeune âge, il ne m'a pas été difficile de m'intégrer à l'école, au collège et jusqu'à présent à l'université. J'ai pu alors me faire des amis qui pour certains le sont restés. Ils ne sont pas forcément malgaches mais c'est toujours aussi intéressant de connaître d'autres personnes qui sont originaires de pays différents. Ils peuvent partager les mêmes idées que soi-même. Cela m'a permis aussi d'apprendre plus des autres.
Mais depuis 5 ans j'ai commencé à fréquenter la FPMA, tout d'abord au sein de la chorale malgache. Le chant, j'adore ça et rencontrer d'autres jeunes ou des plus âgés qui partagent cette même passion, cela crée forcément des liens. Et quand on loue Dieu par nos chants, il y a toujours ce frisson que l'on partage au même moment et qui nous donne encore plus envie d'élever nos voix pour le remercier de tout ce qu'il a fait pour nous. Puis au sein de la section des jeunes chrétiens, il existe des rencontres nationales qui te font connaître plus de jeunes et on y fait des débats. Il y a toujours des échanges et cela aide à mieux s'épanouir personnellement. »

Heritiana, 26 ans, arrivée en France en 2005 : « Le fait d'avoir un FPMA m'a permis de connaître beaucoup d'amis. »

Irina, 27 ans, arrivée en France en 2005 : « Une tante éloignée m’a hébergée au début et m’a bien aidé à m’intégrer au mode de vie parisien. N’ayant aucune famille proche mon cercle d’ami se limitait aux camarades malgaches qui sont venus en même temps que moi à Paris. Ce n’est qu’un an après mon arrivée que j’ai connu la FPMA avec la section des jeunes et la chorale. Cela m’a vraiment permis de mieux m’épanouir et d’apprécier la vie en France. En plus des activités de ces sections, je m’y suis faite beaucoup d’amis et j’ai pu collaborer dans des projets des sections, avoir des activités  extrascolaires qui m’occupaient et me tenaient à coeur. Le fait de déjà bien maîtriser le français est également un grand atout pour faciliter l’insertion personnelle et professionnelle en France (j’ai vu les difficultés de certains de mes amis orientaux qui ont eu du mal à s’intégrer à cause de la barrière de la langue). »

Avinette, 20 ans, arrivée en France en 2003 : « Il y avait mes parents avec moi ; et les profs au collège étaient sympas même s'ils m'ont fait redoubler parce que j’étais étrangère. »
Les freins :
STK Orléans © FPMA Sections STK
Ranja RARIVOSEHENO, Président National de la STK, 24 ans, né en France : « Quand on est enfant, on a toujours un peu de mal à parler de la religion, de peur de la réaction des autres. Du coup, on se renferme un peu sur soi-même, et on mène une sorte de « double vie » : celle à l’école avec tous nos camarades, et celle à l’Eglise avec tous nos frères et soeurs en Christ. Cela freine un peu l’insertion car on ne cherche pas à approfondir les relations à l’école, se contentant de nos relations à l’Eglise que l’on juge plus importantes, et qui nous ressemblent plus. Or, je me suis rendu compte aujourd’hui, en ayant pris aussi beaucoup de maturité, que l’on a bien plus à gagner à partager cette vie d’Eglise avec l’extérieur, et je n’ai plus honte d’en parler, bien au contraire. Grâce à cela, c’est désormais une insertion professionnelle qui s’est faite grâce à mes expériences et mes responsabilités au sein de la FPMA. »

Arielle, 22 ans :
« Justement, étant née en France, j'ai eu beaucoup de mal à parler malgache. Et j'ai vraiment « peur » de le parler sachant que mon accent, ma prononciation, ou la formulation de la phrase seront incorrect. Donc au sein de la FPMA où on parle 85% malgache à plein temps, j'ai eu du mal au début à me sentir à l'aise. C'est seulement que ces deux dernières années, en ayant fait beaucoup de rencontres entre jeunes, que je me suis rendue compte que beaucoup de malgaches nés en France sont dans la même situation que moi. De plus avec les multiples activités de groupes j'ai réussi à m'extérioriser d'avantage. »

Heritiana, 26 ans, arrivée en France en 2005 : « Beaucoup de jeunes en France ne vont pas à l'église, et ne veulent même pas entendre parler de foi, c'est donc un peu frustrant de ne pas pouvoir en parler. »

Irina, 27 ans, arrivée en France en 2005 : « Ma timidité m’a beaucoup handicapée pour me permettre d’intégrer des groupes d’amis non malgaches (notamment à l’école). Quoiqu’il en soit, si au début je me reprochais de ne pas oser aller vers les autres, avec le recul, je me rends compte que l’inverse n’est pas faux du tout. J’ai senti pas mal d’a priori et de sous-estimation de la part d’une grande partie de mon entourage (notamment à l’école) bien que personne n’ait jamais été désagréable avec moi. Le fait de baigner dans un quotidien inhabituel (personnalités, lieux, marques réputés en France mais que je n’ai jamais connu à Madagascar par exemple) et d’avoir des centres d’intérêts différents des jeunes français est peut être également un frein possible à l’insertion. »

Avinette, 20 ans, arrivée en France en 2003 : « La difficulté c’était avec les camarades de classe, la discrimination. »
Les conseils
STK Orléans © FPMA - Sections STK
Ranja RARIVOSEHENO, Président National de la STK, 24 ans, né en France : « Pour les nouveaux jeunes malgaches (les ‘gasy’) protestants arrivant en France, je les invite vraiment à rejoindre la FPMA, qui est présente aujourd’hui dans 37 villes françaises. Cette Eglise leur permettra de ne pas perdre leurs racines, les cultes étant en malgache, les cultures et les traditions propres à notre pays étant conservées. Et la section jeunesse, la STK, leur permettra de rencontrer des jeunes comme eux, venant de tous horizons (ceux arrivés en France pour les études ou ceux nés en France), qui leur faciliteront leur insertion dans le monde des jeunes français. »

Arielle, 22 ans, née en France : « La volonté de partager et d'apprendre (que ce soit la foi, les langues, etc) est nécessaire pour pourvoir s'intégrer au sein d'une communauté ou autres. »

Heritiana, 26 ans, arrivée en France en 2005 :
« Pour les malgaches, venir en France est généralement une grande réussite dans la vie. Si on est arrivé à ce stade là, c'est grâce à l'aide de Dieu. Ainsi il faut remercier le Seigneur pour toujours, et pour son amour. La FPMA est alors une opportunité pour nouq de continuer à louer le Seigneur comme nous l’avons fait depuis Madagascar.

Irina, 27 ans, arrivée en France en 2005 : « Savoir aller vers les autres et montrer que malgré nos différences culturelles, de couleur de peau, on peut très bien ‘vivre ensemble’. Aller vers les communautés malgaches pour y retrouver ses racines traditionnelles et pour pouvoir louer le Seigneur avec les siens mais ne pas oublier de s’ouvrir aux autres communautés également. Ne pas oublier de (continuer à) remettre sa vie à Dieu car Il est vraiment un guide et un socle qui nous aide à surmonter la distance géographique avec nos proches, à faire face à l’adversité et aux multiples procédures administratives auxquelles les immigrés sont confrontés. »

Avinette, 20 ans, arrivée en France en 2003 : « Un conseil : restez toujours vous même, ne soyez pas timide car la vie est dure, même en tant qu’étudiant. »
Un mot en plus
STK National © FPMA - Sections STK
Ranja RARIVOSEHENO, Président National de la STK, 24 ans, né en France : « Jésus nous dit : ‘J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli’ (Matthieu 25 : 35). Lorsque l’on accueille un étranger, c’est Dieu lui-même que l’on accueille parmi nous. Et c’est justement ce que nous voulons dire dans le projet Ephata que nous menons actuellement au sein de la STK, un projet d’ouverture aux autres, au monde extérieur, aux autres communautés, une ouverture qui passe avant tout par l’accueil. »

Arielle, 22 ans, née en France : « La FPMA est un lieu de rencontre qui permet de s'intégrer plus facilement dans la communauté protestante malgache de France. On y partage notre foi, nos passions. On transmet nos expériences aussi bien professionnelles que personnelles. Cela peut aussi aider à s'intégrer dans la société française. N'hésitez pas à vous dirigez vers eux ! »

Heritiana, 26 ans, arrivée en France en 2005 : « Que ce soit FPMA ou pas, tous ensemble nous devons travailler pour évangéliser dans le monde. Utilisons nos talents (chants, sports...), aidons tous nos prochains à s'intégrer dans notre vie chrétienne ! »

Irina, 27 ans, arrivée en France en 2005 : « Il est important de s’ouvrir aux autres cultures. Le but n’est pas forcément de pratiquer la culture des autres mais plutôt de la comprendre et surtout de la respecter. Avec l’aide du Seigneur, grâce à ses enseignements sur le respect de l’autre et sur l’humilité, et en ajoutant notre culture malgache basée sur le « fihavanana » ou « fraternité », on peut très facilement s’adapter à la vie en France en tant qu’immigrés et y être heureux. »

Avinette, 20 ans, arrivée en France en 2003 :
« Si vous êtes seul ici, sachez qu’avec la prière, Dieu nous entend. »

Dernière mise à jour le 04 Octobre 2010

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