S'ouvrir aux autres malgré les différences
Écrit par ZeAnim, le 04/10/2010 à 13:38
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Introduction
Sébastien © DR
Chaque année, des milliers d'étudiants venant des quatre coins de la planète choisissent la France pour continuer leurs études et acquérir une première expérience professionnelle... Sébastien, 23 ans, a quitté son Cameroun natal juste après son bac pour suivre des cours de Prépa scientifique à Rouen. Il est aujourd'hui ingénieur-développeur chez un éditeur de logiciel. Il nous parle de ses premiers pas en France.
Les difficultés
Sébastien : « Ce qui m'a choqué dès mon atterrissage à l'aéroport de Roissy, jusqu'à mon arrivée à la gare de Rouen, c'est ce regard de suspicion. Il fallait passer 15000 contrôles, ouvrir son sac, répéter les causes de son séjour... Ensuite, évidemment, il y a ce choc des cultures à gérer. Entre le climat, l'ambiance, la nourriture, l'architecture... Rien ne m'était familier. Heureusement Rouen est une petite ville, je m'y suis donc habitué rapidement. En cité U aussi, j'ai senti ce regard de suspicion : les jeunes qui venaient de villages de Normandie connaissaient mal la réalité de nous autres, venus d'Afrique ou d'ailleurs. Du coup, la tentation était grande de nous retrouver entre personnes de même communauté. Nous avions d'ailleurs, surtout au début des cours, de bien meilleures notes que le reste de la classe. Ce qui nous rendait « un peu plus intéressants » à leurs yeux…
J'ai vécu la première année avec de grands moments de solitude, notamment à l'approche des fêtes familiales. »
Le déclic
Sébastien : « C'était à la veille de Noël 2005. J'ai vu une affiche invitant à une rencontre de Taizé à Milan. J'ai appelé... Et suis parti le lendemain ! C'est là-bas que j'ai eu ma première grosse révélation, dans cette assemblée œcuménique de jeunes, partageant les mêmes valeurs. Cette fois, la curiosité dont j'ai fait l'objet n'était pas malsaine : elle a au contraire débouché sur un enrichissement mutuel, un véritable échange. Désormais, je laisse davantage les autres aller vers moi. J'ai dépassé mes propres préjugés et trouve une mine de trésors dans la diversité ! »
Des conseils
Sébastien : « Le meilleur conseil que je pourrais donner à un jeune migrant serait de ne pas se laisser marcher sur les pieds. Ne pas hésiter à répondre aux remarques blessantes (souvent dues à l’ignorance), sans pour autant tomber dans le piège du repli sur soi. Il s'agit de s'ouvrir aux autres avec un regard de discernement, armé de son éducation et sans passer pour un lèche-botte. Facile à dire ? Oui, mais pour vous aider, tournez-vous vers des associations de jeunes (sportives, culturelles ou religieuses), qui vous apporteront un autre regard... »
Dernière mise à jour le 04 Octobre 2010