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Écrit par ZeAnim, le 04/01/2010 à 10:38

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Introduction
Urbain Malonda © ABF
Urbain Malonda, 51 ans, est permanent à la communauté de Fondacio, à Paris en charge de la Pastorale des migrants  et coordinateur de l’aumônerie catholique des Congolais de l’ile de France, hébergée à la paroisse St Charles du Blanc Mesnil, dans le 93. Il a déjà beaucoup d’expérience dans différentes paroisses, notamment au Congo (son pays d’origine) mais aussi le Cameroun, la Guinée, l’Espagne… Urbain est proche des populations dont il s’occupe puisque il a lui-même été migrant : lui aussi a manqué de tout. Seules la foi, la raison et les personnes rencontrées sur sa route l’ont aidé à se reconstruire. Sa prière quotidienne : « Seigneur, avec toi je veux vivre et vaincre cette situation difficile ». Interview.
Comment les migrants vivent-ils leur foi en France ?
Urbain Malonda © ABF
Lorsque les migrants arrivent en France, les repères disparaissent. Tout devient difficile : leurs démarchent administratives, leur vie sociale et affective… Ainsi, une de leur priorité est de vivre leur foi telle qu’ils l’ont pratiquée dans leur pays d’origine. Pour les occidentaux, la foi est une affaire privée, pour eux, cela fait partie de leur vie. Leurs premiers contacts avec leurs paroisses sont souvent décevants car ils la trouvent « froide et indifférente ». Quel choc lorsque l’ont vient d’un village où tout le monde se connaît ! Derrière cette volonté de « créer l’église de sa communauté », il y a un besoin de sociabilité. Pouvoir se retrouver ensemble, parler la même langue, c’est rassurant après un parcours long et douloureux… Cela peut même devenir un lieu de « défouloir », tenir un rôle politique… Le danger est de s’éloigner vraiment de la foi en Jésus Christ et d’intégrer une des multiples églises du réveil qui propose en fait une ‘africanisation de l’évangile’…
Et les jeunes ?
Jeunes de tous pays © SNPM
La troisième génération se projette dans l’avenir alors que leurs parents travaillaient pour survivre.  Or, ils s’aperçoivent qu’ils font l’objet de discrimination à l’embauche. Ils se sentent rejetés de la société française. Ainsi, beaucoup d’adolescents ne veulent plus de la religion de leurs parents. Souvent, ils sont tentés par l’Islam, plus proche d’eux dans les quartiers, ou par les sectes, qui savent leur parler en leur faisant des promesses non réalisables. Très fortes pour l’animation et la récolte d’argent, celles-ci prononcent des discours creux. Les parents s’en rendent compte et commencent à s’organiser en réseau pour transmettre la foi qu’ils ont reçu sous forme de contes. L’Église a la volonté d’intégrer ces jeunes mais ne se donne pas encore tous les moyens pour ça. Ce qui me fait garder espoir, c’est que j’ai aussi rencontré des jeunes resplendissant de liberté, de profondeur et d’authenticité ! J’adresse donc un message à la jeunesse : venez bouger nos églises !
Comment intégrer ces migrants dans leurs paroisses ?
Plusieurs possibilités sont à explorer : multiplier les occasions aux migrants de s’exprimer (que ce soit dans une cérémonie religieuse ou dans une salle de conférence, concerts…), avoir des réunions d’accueil des nouveaux arrivés cycliques, mettre en place une formation de la foi de ceux qui ont déjà une foi éprouvée, profonde, pour qu’ils deviennent des témoins qui puissent transmettre cette foi, remettre au centre la parole de Dieu et la prière, et enfin, -rendre plus visible le travail de la pastorale des migrants. Tout cela représente un vrai défi pour les chrétiens africains. Pour y arriver, il faut que la volonté vienne des deux sens. C’est beaucoup plus facile par exemple lorsque le prêtre ou le pasteur a déjà une expérience de l’étranger.
Que faites-vous concrètement pour aider les migrants ?
Aide aux migrants © SBF
Là où il y a la souffrance humaine, il y a l’Église, au nom de l’Évangile. Ainsi, La pastorale, en partenariat avec le secours catholique, aide les migrants dans leurs démarches administratives en les orientant vers l’Ofra ou la Cimade, les accompagnent dans tous les moments forts de leur vie : baptême, mariage, deuil… et essaie de trouver une solution à leurs problèmes financiers et moraux. Nous sommes là aussi pour les écouter. Certains restent dans le silence des années durant de peur de se faire renvoyer dans leur pays… Il y a tout un travail de conscientisation à faire !
En guise de conclusion, j'exhorte tous les immigrés à ne pas avoir peur, quelles que soient les situations difficiles, à suivre le Christ qui "n'enlève rien et donne tout".

Dernière mise à jour le 19 Janvier 2010

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