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L’Apocalypse en 13 symboles

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Écrit par ZeAnim, le 08/03/2010 à 10:47

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Introduction
Beatus de Facundus © Enluminure sur parchemin (1047)
Le dernier livre du Nouveau Testament n’est pas le plus facile à lire ! L’Apocalypse de Jean est en effet bourré de symboles qui brouillent quelque peu le sens des textes ! Que représente Babylone, la Bête ou encore le chiffre 7 ? ZeBible vous donne quelques explications en suivant l’ordre chronologique des chapitres. Si d’autres mots vous posent problème, n’hésitez pas à poser vos questions sur ZeForum !
Vêtement blanc (Apoc 3.1-6)
Malgré les apparences, on peut avoir une foi en sommeil, ou même morte. Vigilance donc ! Celui qui est fidèle à l’enseignement de Jésus recevra en récompense un vêtement blanc. Ce vêtement, donné par Dieu, est symbole de la vie nouvelle avec le Christ. Le blanc, signe de pureté, est souvent associé à Dieu dans la Bible.
Visions (Apoc 4.1-11)
Comment rendre compte de la vision de Dieu ? Comment exprimer l’inexprimable ? Jean se sert ici d’un vocabulaire bien connu de son époque. Il le tire en particulier des visions des prophètes Ézékiel (chap. 1) et Ésaïe (6.1-3). Ces descriptions grandioses tentent de restituer les impressions ressenties par Jean lors de sa vision. Il ne décrit pas Dieu, mais un culte qui lui est rendu par toute la création représentée par des êtres célestes, les hommes et les animaux présents autour du trône.
L’agneau sacrifié (Apoc 5.1-6)
A quoi bon un livre que personne ne peut lire ? Il s’agit peut-être de l’Ancien Testament. Seul, Jésus, le Christ, descendant du roi David, est digne de l’ouvrir. Le projet de Dieu pour l’humanité prend tout son sens à la lumière du Christ qui a donné sa vie, comme l’exprime l’image biblique de l’agneau sacrifié. En lui, se conjuguent la faiblesse et la puissance, symbolisée par les 7 cornes et les 7 esprits.
Les 4 cavaliers de l’Apocalypse (Apoc 6.1-7)
Les 4 premiers sceaux brisés libèrent 4 cavaliers et leurs montures. Leur signification n’est pas facile à déterminer, surtout pour le premier. La tradition en fait la personnification des malheurs qui asservissent les hommes.
Le jour de la colère (Apoc 6.9-17)
Le jour de la colère (v. 17) désigne le jugement dernier. Ce jour-là, tous les êtres humains comparaîtront devant Dieu qui rendra justice aux chrétiens persécutés à cause de leur foi. Dans la littérature juive de cette époque d’autres « apocalypses » décrivent des bouleversements cosmiques qui annoncent ce jour. Les évangiles présentent aussi des discours de Jésus sous forme d’apocalypses (Marc 13).
Dîner aigre-doux (Apoc 10.5-11)
Les paroles de l’ange inscrivent la mission de Jean dans la ligne de celle des grands prophètes de l’Ancien Testament. La scène évoque un passage où le prophète Ézékiel, lui aussi, doit manger un écrit (Ézék 3.1-3). L’action symbolique de manger le livre signifie recevoir et assimiler les paroles de Dieu. L’expérience du Dieu qui sauve est ressentie physiquement par Jean : douce pour qui l’accepte, amère pour qui la refuse.
7, 12, 144… 666
Le chiffre 7 (Apoc 11.15-19) symbolise la perfection, et la perfection, c’est Dieu. Chaque fois que l’auteur mentionne ce chiffre, il annonce la présence de Dieu. C’est pourquoi une pause est introduite dans le récit avec un temps de louange de Dieu par les anciens.
Quant au nombre 144, carré de 12, il marque ce qui est complet : tous les serviteurs de Dieu seront sauvés (2 Cor 1.21-22).
On a beaucoup commenté le nombre 666 (Apoc 13.16-18), chiffre de la bête. Alors que le chiffre 7 représente la perfection, la plénitude, le 6 est le symbole de l’imperfection, de l’inachevé (6 = 7 - 1). 666 est donc une triple imperfection, l’imperfection totale. C’est probablement un code chiffré pour désigner l’empereur romain, persécuteur des chrétiens. Plus généralement, ce signe satanique, imposé à tous, désigne tous les pouvoirs totalitaires qui s’opposent à Dieu et dominent les hommes. Les symboles ne sont pas neutres. Attention à leur utilisation !
L’archange Michel (Apoc 12.7-9)
Saint Michel © Gregoire Gilliot
Michel terrassant le dragon est une des scènes les plus représentée dans l’art religieux : statues, tableaux, vitraux célèbrent cette victoire. Le dragon a toujours eu un immense succès dans l’imaginaire des êtres humains. La lecture de l’Apocalypse montre que la science-fiction et la fantasy n’ont rien inventé ! Le « serpent ancien » renvoie au récit du jardin d’Éden (Gen 3). Le serpent y attise la discorde entre Dieu et les humains. Il évoque ici les puissances du mal déchaînées contre les croyants. Le récit de l’Apocalypse récapitule ce combat de toujours. Mais ici la victoire est assurée. Face au mal, Dieu a le dernier mot.
La bête (Apoc 13.1-16)
La Bête de la mer © cc Kimon Berlin
Beaucoup sont fascinés par les leaders qui utilisent la force. Ici la bête ensorcelle les foules. L’Évangile aide le croyant à garder un regard critique sur les puissances hostiles à Dieu, pour résister à l’attrait de leur violence. Jean encourage dans cette voie les communautés qui souffrent. La fidélité au Seigneur leur évitera de se perdre derrière des dictateurs transformés en idoles comme l’étaient les empereurs romains.
Babylone (Apoc 17.1-6)
La Chute de Babylone © cc Kimon Berlin
Au 6e siècle av. J.-C., les Babyloniens ont conquis le royaume de Juda et déporté une partie du peuple à Babylone. Cette ville est devenue symbole d’oppression et d’idolâtrie. Les croyants risquent d’y perdre leur foi (Ps 137). Pour les communautés auxquelles s’adresse Jean, Babylone représente Rome qui a conquis par la force tout le pourtour méditerranéen et persécute les chrétiens.
La meule de l’espoir (Apoc 18.21-24)
L’ange accomplit avec la meule un geste symbolique qui rappelle ceux des prophètes quand ils annoncent les interventions du Seigneur (Jér 51.59-64). Ces gestes ont une portée forte et permettent aux croyants de consolider leur espérance. Qu’ils se rassurent : l’annonce de l’ange se réalisera aussi.
Millenium (Apoc 20.1-6)
La question du millenium et de la fin du monde suscite depuis des siècles interrogations et spéculations. A chaque millénaire, la fièvre monte ! Un jour le Christ viendra établir le règne de Dieu et juger le mal. Le millénium évoque ce règne du Christ avec ceux qui auront cru en lui. Pendant ce règne, Satan est empêché de nuire. A quoi cela correspond-il pour nous ? Faut-il se retirer d’un monde dominé par le mal en attendant qu’il soit jugé définitivement ? Ou bien faut-il s’y engager en reconnaissant déjà les signes du règne du Christ ? Les réponses divergent. Mais tous s’accordent pour dire qu’un jour les forces de mort seront définitivement anéanties.
Jerusalem céleste (Apoc 21.9-21)
La Nouvelle Jérusalem © cc Kimon Berlin
La perfection de la Jérusalem céleste, la ville de Dieu, est suggérée par sa taille gigantesque, les répétitions du nombre 12, les pierres précieuses multicolores avec lesquelles elle est construite et dont elle est ornée. Aucune richesse ne suffit pour évoquer la splendeur de la gloire de Dieu qui se reflète dans la ville.

Dernière mise à jour le 15 Mars 2010

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