Baie de St Michel © Vincent Nussbaum
L’autre jour, le téléphone sonne. On me demande un des frères de
la communauté. Je m’excuse poliment, expliquant que le frère est absent... Puis, tout-à-coup, mon interlocuteur me demande : «
Vous croyez que c’est la fin du monde ? Avec tout ce qui se passe... C’est ce que dit l’Apocalypse ! Il parait que c’est pour 2012. »
Aïe... Encore une personne qui n’a pas lu l’Apocalypse. Il l’a peut-être tout juste survolée... Dommage. Comme beaucoup, il n’a pas compris que le livre du visionnaire de Patmos n’était pas écrit pour faire peur, mais bien au contraire pour donner confiance aux croyants. Confiance que, si l’époque que nous traversons est inquiétante (tsunamis, centrales nucléaires, crises boursières, conflits de libération...), ça n’est justement
pas la fin du monde mais la fin d’un monde. Confiance que le mal et la mort ne sont pas la fin de tout, que la victoire est emportée par le Vainqueur, par l’Agneau. Confiance que, certes, nous souffrons encore, nous luttons encore, mais c’est pour un avenir de paix. Confiance que ça n’est pas la force brutale qui l’emporte, mais l’Agneau immolé, le Christ en croix. Les témoignages recueillis pour
ce magazine du mois de mai sur l’Apocalypse, une personne ayant vécu
la catastrophe au Japon et d’autres
celle d’Haïti, témoignent de cette confiance.
Nous l’avons lu, ce livre de l’Apocalypse, avec les aumôneries des lycées du Doubs et de la Haute-Saône, par une nuit terrible sur le Mont-Saint-Michel. Et au matin, spectacle incroyable, nous avons vu le Mont sous une neige immaculée dans la lumière dorée du soleil levant. Tu n’as pas
lu l’Apocalypse ? Alors il est temps de t’y mettre pour ne plus rester sur ces idées toutes faites, à faire peur aux petits enfants. Mais alors, lis patiemment, en profondeur, au second degré, en gardant l’humour et la tête froide... Mais surtout, en allant jusqu’au bout ! J’espère que mon interlocuteur téléphonique lira vraiment l’Apocalypse...