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Écrit par ZeAnim, le 28/07/2011 à 07:47

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Introduction
Blandine © DR
Partir, quitter ses habitudes, aller à la rencontre d’autres peuples, c’est le moteur de Blandine, 27 ans, originaire du Jura. A la fin de ses études d’assistante sociale, elle franchi le pas et envoie sa candidature à la Délégation Catholique pour la Coopération (DCC). En septembre 2010 elle s’envole donc pour « Dosso », au Niger où elle était, jusqu’en janvier 2011, « responsable » dans un centre de formation à la couture pour les filles de 15 à 25 ans. Prête à repartir, elle a dit oui à la DCC pour une nouvelle mission : être professeur de musique à Haïti ! En attendant le départ prévu le 8 septembre, Blandine nous explique comment elle se prépare
L’accueil au Niger ?
Blandine au Niger © DR
Blandine : « Le Niger n’était pas la destination dont je rêvais mais un des principes du volontariat de solidarité internationale selon la DCC est celui de la disponibilité. Et j’aimais cette idée d’être entièrement disponible pour me mettre au service d’une population. J’étais en charge de l’équipe d’animation, de la gestion administrative du centre et je donnais des cours d’alphabétisation et de santé. Les deux premiers mois ont été difficiles. L’accueil dont j’avais fait l’expérience au Sénégal et au Burkina n’était pas le même ici. Les gens étaient plus réservés, plus « froid », je ne me suis pas sentie tout à fait accueillie, mais cela m’a renvoyé à la question de savoir comment moi en France j’accueillais l’étranger, comment j’y étais attentive ? Allais-je l’accueillir dès les premiers jours, premières semaines ? Certainement pas ! J’allais attendre que la confiance s’installe… et pourtant quand on est étranger c’est bien au départ, au moment où les gens nous manquent que nous avons besoin de trouver de la chaleur dans les relations. »
Comment tenir ?
Niger © DR
Blandine : « J’ai vécu une expérience spirituelle forte. Au Niger 97% de la population est musulmane, et la communauté chrétienne dans laquelle je me trouvais était toute petite et connaissait malheureusement beaucoup de discordances. Mais si je voulais tenir il fallait que je me rapproche de Dieu et par la prière personnelle j’y suis arrivée. Et vu que durant les premiers mois j’ai vu mes faiblesses, mes cotés négatifs, j’ai fait l’expérience de l’humilité. Puis, j’ai décidé de changer mon regard et de m’arrêter sur ce qui allait bien. Mon moral est aussi remonté avec le temps de l’Avent. La DCC nous a alors proposé un temps de retraite via internet et ça m’a beaucoup aidé. Au mois de janvier 2011 alors que ça allait mieux, alors que j’avais trouvé ma place dans le centre, j’ai du être rapatriée sécuritaire suite à l’enlèvement et à la mort de deux français à Niamey. Très vite j’ai du rentrer et quitter, à contre cœur, une mission qui me tenait à cœur et des filles qui m’apportaient beaucoup. Mais ces quelques mois m’ont permis de confirmer que malgré les difficultés j’avais quelque chose à vivre dans le volontariat de solidarité internationale. »
Prof de musique à Haiti ?
Blandine au Niger © DR
Blandine : « Je suis rentrée en France avec la ferme intention de repartir. En attendant j’ai travaillé en protection de l’enfance, et même si ce métier me passionnait l’idée de partir était plus forte et plus présente. La DCC m’a proposé au mois de juin un poste de professeur de musique à Haiti. Après beaucoup d’hésitations j’ai décidé de dire oui. Le projet dans lequel je vais m’investir est celui d’une école de musique qui propose aux enfants défavorisés de pouvoir apprendre la musique. La musique à Haïti est essentielle, et par ce biais là les enfants peuvent mieux comprendre les valeurs du travail, de la persévérance et de construire ensemble malgré les différences, du niveau social, de l’instrument… Ce projet je le fais aussi dans une démarche de foi, dans l’idée d’aller à la rencontre des tout-petits et que c’est à travers eux que Dieu se révèle. Je vais m’enrichir d’une autre culture et donner un peu de moi. »
Se rassembler c'est important ?
Taizé © DR
Blandine : « Le fait de pouvoir me rassembler avec d’autres chrétiens est plus qu’important, c’est essentiel pour ma vie de foi. Bien sûr, je vis ma foi de manière personnelle dans la prière mais un des piliers est la messe dominicale, c’est vraiment ensemble que nous pouvons célébrer la résurrection du Christ. J’aime aussi pouvoir me retrouver dans des groupes chrétiens, où je peux à la fois partager sur « comment vivre ma foi dans la réalité de ma vie, que ce soit dans ma vie professionnelle, amicale, affective. Et comment les choix que je pose peuvent être une façon de me rapprocher de Dieu. Pouvoir partager sur ces sujets à plusieurs permet de confronter ses idées et peut être de se rapprocher de la vérité car seule nous ne la détenons pas. Ma foi n’a cessé d’être nourrie par celle des autres, et je pense que Dieu nous parle par le témoignage des uns des autres. Il y a eu un temps où j’avais besoin du groupe et des grands groupes, les rassemblements du style Taizé ou les pélé jeunes où nous étions des centaines ont permis à ma foi de s’ancrer profondément. Et puis petit à petit je ne me suis plus retrouvée dans ces rassemblements, ce dont j’avais besoin c’était certes de pouvoir me retrouver, mais en groupe plus intime et même parfois de faire des retraites seule et en silence, je crois qu’il faut être vraiment attentif à ces besoins, c’est là que Dieu se manifeste. »
Ton passage préféré dans la Bible ?
Main tendue © iStock photos
Blandine : « S’il y avait un texte que je retiendrais dans la Bible ça serait celui des témoins d’Emmaüs. J’ai l’impression que ce texte « me suit » ou plutôt m’accompagne dans chaque étape importante de ma vie. J’aime cette idée d’un Dieu marchant avec nous mais nous laissant le temps d’ouvrir les yeux pour comprendre que notre cœur était tout brûlant. J’aime aussi la liberté laissé par Dieu dans ce texte, il s’invite dans la conversation mais en s’intéressant à la vie des disciples et puis ce sont les disciples qu’il lui demande de rester : « Reste avec nous ». Les disciples se sentent alors bien avec cet homme, cet inconnu, on n’invite pas n’importe qui à rester chez soi, à partager son repas, eux le font, mais Dieu jamais ne s’impose. Et j’aime l’idée de cheminer à deux, les pèlerins sont deux, pas tout seul ! Il est pour moi essentiel de pouvoir partager ma vie, ma foi, mes doutes, mes questions, mes peines mais aussi mes joies.
L’été, un temps pour méditer ?
Méditation © Taizé
Blandine : « L’été est toujours un temps critique pour ma foi, le rythme change et avec lui celui de ma prière ou de ma vie spirituelle. C’est un temps de respiration et parfois ma vie spirituelle passe un peu en second plan, mais je ressens très vite un manque alors désormais et je tâche d'être plus vigilante à cela. Je vais prendre un temps de contemplation, prier à partir d’un texte de la bible, rien n’est vraiment programmé. J’essaye d’écouter mon cœur et d’être attentif à ce dont j’ai besoin, mais à être attentif à ne pas passer Dieu au second plan ou à l’oublier. Car ma foi, ma relation à Dieu me permet d’avoir une stabilité dans ma vie. »
Comment se préparer ?
Blandine au Niger © DR
Blandine : « Je viens de terminer une semaine de préparation au départ avec la Délégation Catholique pour la Coopération. Durant cette semaine, tous les jours, il était proposé l’eucharistie ou des temps spirituels permettant de découvrir d’autres manières de prier. Ces temps sont essentiels pour moi surtout lors d’un projet comme celui du volontariat. Les choses que nous allons vivre dans les pays du sud ne sont pas forcément évidentes et durant ce temps de préparation nous évoquons beaucoup de choses difficiles, nous mettons le doigt sur les difficultés que nous allons rencontrer au niveau du travail ou des relations personnelles. Prier me permet également de savoir si les choix que je fais sont les bons, c’est à dire si ce sont ceux qui me porteront vers plus de vie. Et ce stage est également l’occasion de belles rencontres, de beaux partages, autant de raison de rendre grâce à Dieu. »

Dernière mise à jour le 28 Juillet 2011

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