Jeunes du MRJC © ABF
Depuis 1929, le
MRJC, mouvement rural de jeunesse chrétienne, contribue à moderniser l’agriculture et à former de nombreux responsables et leaders associatifs. Il porte haut et fort la voix de jeunes qui s’investissent pour un rural d’avenir. Pourtant, ce secteur est un des plus touchés par la crise : chômage, surplus de production, grêves, maladies d’élevage... Maud Cesbron, trésorière dans l'équipe nationale répond à nos questions.
Maud Cesbron © ABF
L’agriculture est pour nous un enjeu majeur de développement du monde rural. Nous souhaitons agir en faveur de l’installation des jeunes en agriculture, une installation qui soit pensée en accord avec le projet de vie (familiale, sociale) des jeunes, les besoins d’un territoire, une conception durable du développement.
Nous nous inscrivons en effet dans un contexte économique et agricole difficile. C’est pourquoi nous privilégions des modèles de développement agricole locaux, sur de petites structures et nous sommes sensibles à l’organisation des circuits courts, des systèmes de commercialisation locaux, à la diversification des activités des exploitations agricoles. L’avenir de l’agriculture passe pour nous par l’innovation, la création d’alternatives locales, respectant la terre et les hommes. C’est en mettant en œuvre ce type de projet, en menant des sensibilisations auprès des jeunes, des citoyens, que nous cherchons à montrer qu’une autre agriculture est possible et que s’installer en agriculture est peut être un vrai projet d’avenir !
Nous avons participé à la concertation qu’a organisé Martin Hirsch au printemps dernier concernant les jeunes en France. Nous pensons aujourd’hui qu’il y a du pain sur la planche pour permettre aux jeunes une réelle intégration des jeunes en France, d’un point de vue tant économique que social. Le 29 mai dernier, nous avons manifesté dans les rues de Paris pour «
la retraite à 18 ans ». Il s’agissait bien évidemment d’un message décalé, humoristique pour signifier que la situation des jeunes aujourd’hui en France nous paraît intolérable : le chômage augmente à grande vitesse, il est de plus en plus compliqué de se former, de se loger, de se déplacer…C’est pourquoi à travers cette manifestation nous demandions :
- La pleine participation des jeunes à la définition des politiques qui les concernent
- La mise en place d’un vrai plan pour l’autonomie des jeunes
- La valorisation et le soutien des structures d’accompagnement des jeunes vers l’emploi
- La mise en place d’un véritable service public de l’orientation qui ne soit pas exclusivement lié au système éducatif.
- La reconnaissance des associations de jeunesse et d’éducation populaire comme acteurs de la formation citoyenne et vecteur d’engagement.
Nous sommes un mouvement d’éducation populaire, basé sur l’action collective. Aussi, il nous semble que la meilleure manière de s’installer, de se sentir intégré sur un territoire, c’est d’y être acteur. Aussi, à travers les équipes locales, animées bénévolement, nous permettons aux jeunes militants du MRJC de mener des actions qui répondent à leur besoin : créer un espace de test pour élaborer un projet de création ou de reprise d’activité économique ; mettre en place des échanges entre jeunes agriculteurs ou futurs sur leurs projets et leurs pratiques, participer à l’animation sociale et culturelle d’un village, sensibiliser les citoyens à des sujets comme la consommation, l’environnement, la solidarité, … sont d’autant d’actions que nous menons partout en France et qui contribuent à faire une plus grande place aux jeunes dans notre société.
Voici un extrait de notre rapport d’orientations 2007 qui parle de lui même :
« Pour nous, le message de l’Évangile est toujours d’actualité : Il peut être compris, accueilli, faire sens pour tout homme, être structurant pour toute personne qui fait le choix de s‘y référer. Il est porteur d’Éspérance pour le monde d’aujourd’hui, invitation à se mettre en marche, à agir, à s’engager dans le monde.
La lecture de l’Évangile nous invite à vivre une foi incarnée et à témoigner dans la société et dans l’Église : pour nous, Dieu a mis l’Homme au cœur de la Création et lui a donné la mission de poursuivre son œuvre, une création qui soit telle que l’entière dignité de la personne humaine soit respectée par tous.
Depuis l’Exode, Dieu renouvelle son Alliance avec les hommes. Il est partenaire des Hommes en train de se libérer… Il remet les Hommes debout. Nous avons un travail de libération sociale à accomplir, un travail de dénonciation des situations qui enferment et qui aliènent l‘homme. Dieu nous invite à dépasser nos convoitises intérieures, à donner du sens à notre vie, à nos choix. Nos vies sont faites de moments difficiles, d’échecs, de doutes, de faux pas, d’incohérences, mais nous savons malgré cela la capacité de l’Homme à sortir de ces difficultés pour renaître et grandir. Guidés par une espérance en un monde meilleur, nous refusons le fatalisme et la prédétermination. La résurrection de Jésus Christ est la source de cette Espérance, et le signe qu’un autre monde est possible et que nos actions contribuent à le faire advenir.
Pour nous, regarder son prochain comme un frère, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne, c’est déjà commencer à le connaître, à le comprendre, à l’aimer, c’est déjà reconnaître en lui le visage de Dieu. « L’option préférentielle pour les pauvres » nous invite à mettre au cœur de nos préoccupations le plus petit d’entre nous, celui qui traverse des situations de fragilité ou de détresse. La rencontre et la prise en considération du plus pauvre, du plus faible, est constitutif de la foi, comme nous l’a montré Jésus par sa vie publique. L’Évangile nous offre ainsi des clés de lecture qui colorent notre façon d’agir et d’être dans le monde, notre envie de lutter pour que tout Homme soit reconnu en tant qu’être humain et puisse trouver sa place dans le monde. »