Robert Leblanc © ABF
Robert Leblanc, président de la commission « Sources bibliques et théologiques » du mouvement des Entrepreneurs et Dirigeants chrétiens, est lui-même directeur d'entreprise. Pour ZeBible.com, il adresse un formidable message d'espoir à la jeune génération.
Jeune-bible © ABU
Ma première réaction concernant la confiance en l’avenir est qu’elle ne vient pas de la situation de l’emploi. Même les guerres, bien pires que le chômage, n’ont jamais empêché les jeunes des générations concernées de croire en leur avenir. La question, pour les jeunes d’aujourd’hui, est de savoir si les difficultés bien réelles du moment leur bouchent tout l’avenir ou si leur regard leur permet de se projeter au-delà de ces difficultés. Ont-ils encore envie de refaire le monde, ou du moins de s’engager ? Beaucoup en font la démonstration, le plus souvent en dehors des structures bâties par leurs ainés, avec un grand souci de l’environnement et des aides humanitaires en tous genres.
Le monde a besoin des jeunes, à la fois parce que le monde a besoin de ressources humaines et parce que les jeunes ont une capacité d’enthousiasme plus grande que leurs ainés, non pas en raison de l’époque, mais tout simplement de l’âge. C’est cela qu’il faut leur dire : les entreprises de votre ville, de votre région, de votre pays n’ont pas besoin de vous aujourd’hui ? peut-être, mais le monde a besoin de vous. «
Levez-vous, n’ayez pas peur », ce sont les mots de Jésus que Jean-Paul II a choisi de leur redire avec insistance au cours des JMJ, ces journées créées pour eux. Le pire mot est « demandeur d’emploi » ; non, on est « offreur de talent, d’énergie, d’enthousiasme ».
Jeunes du MRJC © ABF
Depuis des années, les jeunes se sont adaptés à un marché de l’emploi où l’on abuse parfois d’eux avec des stages mal rémunérés à répétition, des CDD sans lendemain, etc. Ils s’y sont adaptés en n’ayant jamais porté les illusions de leurs parents qui sont tombés parfois de haut, en étant dans le donnant-donnant, leur cynisme étant symétrique de celui des employeurs. On les accuse parfois de zapping, mais l’ensemble des relations employeurs-employés évolue et la solution ne passera jamais par la reproduction du modèle des générations antérieures. Les institutions, y compris les syndicats de travailleurs, sont toujours tenues par des personnes déjà expérimentées ou âgées, elles ont du mal à intégrer ces évolutions et à défendre avec réalisme les intérêts de ceux qu’elles représentent.
J’ajoute que les crises ne durent qu’un temps ; en l’occurrence, la reprise mondiale se dessine et, si les vagues de licenciement qui concluent l’onde de choc partie des marchés financiers ne sont pas terminées, elles le seront probablement dans l’année qui vient. Par ailleurs, n’oublions pas que le mouvement de fond résultant de la démographie, visible avant le choc de cette crise, était à la résorption du chômage de masse et au retour au plein emploi ; c’est probablement ce que nous retrouverons, après le décalage et le retard causés par la crise.