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La Bible au cinéma

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Écrit par ZeAnim, le 24/06/2011 à 11:14

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Introduction
La Bible au cinéma © MAHJ
Du cinéma égyptien à Hollywood, la Bible a inspiré des générations de cinéastes du monde entier. Du 26 au 30 juin, le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (Mahj), à Paris, montre à travers son cycle 'La Bible au cinéma', des approches singulières et originales complètement différentes selon l'époque, le genre choisi et les réalisateurs d'origines diverses. Cette sélection de 9 films, ponctuée de conférence, a été réalisée par Raïa del Vecchio, programmatrice de ce cycle. Elle nous explique en quoi chacun de ces regards cinématographiques fait revivre le Livre à sa manière, dans des interprétations parfois très personnelles, souvent en lien avec l'actualité, les préoccupations du présent.
Les débuts...
Arche de Noé © Michael Curtiz, 1928
Dès ses premiers pas, le cinéma s'intéresse à la Bible. En France, l'histoire de Samson et Dalida est mise en image dès 1902 par Ferdinend Zecca, et en 1904 Georges Méliès porte à l'écran le meurtre d'Abel par Caïn (film aujourd'hui perdu). De même, Lucien Nonguet, Louis Feuillade ou Henri Andreani nous livrent les premières aqdaptations cinématographiques des récits des patriarches et des matriarches, de Joseph, de Moïse, des juges, des rois, des prophètes. Aux Etats-Unis, David Wark Griffith adapte l'histoire de Judith pour la Biograph en 1913. Le cinéaste d'origine juive hongroise Michael Curtiz reconstitue le récit du Déluge en 1928, après avoir réalisé Sodom und Gomorrha en 1921, à Vienne. Cécile B. DeMille livre sa première superproduction biblique, Les dix commandements.
  
Le cinéma Hollywoodien
Salomon et la reine de Saba © (c) King Vidor,1959
A l'arrivée du parlant, les plus grands cinéastes hollywoodiens s'essaieront au genre du peplum biblique : Henry King (David et Bethsabée, 1951), Raoul Walsh (Esther et le roi, 1960), Robert Aldrich (Sodome et Gomorrhe, 1962), John Huston (La Bible, 1966), en s'autorisant souvent de grandes libertés d'interprétation. Salomon et la reine de Saba (1959) en est un exemple. King Vidor n'hésite pas à détourner le récit biblique pour l'inscrire dans l'actualité politique de son temps, celle du jeune état d'Israël et de ses voisins arabes au lendemain de la guerre de Suez. La Bible est aussi présente, d’une manière plus subtile, dans le genre du western. Ainsi, comme le révèle Yves Pédrono, la traversée du désert dans Le Convoi des braves (1950) de John Ford évoque le long cheminement des Hébreux vers la Terre promise. Et Joe, le héros de La Lance brisée (1954) d’Edward Dmytryk, qui doit fuir la haine de ses frères, incarne aussi le Joseph de la Bible. 
... d'autres visions dans le monde
My Father, My Lord © David Volach, 2007
Le cinéma israélien, quant à lui – à de rares exceptions près (comme Esther d’Amos Gitai, 1985) –, s’est construit loin des thématiques bibliques et religieuses, dans une préoccupation sioniste et essentiellement laïque. S’il aborde le monde religieux, c’est souvent par les voies de la dérision− par exemple, dans les sketches humoristiques de Lul et Shablul par Arik Einstein et Uri Zohar (1970), ou Ushpizin de Gidi Dar (2005).Depuis quelques années seulement, on assiste à un « retour du refoulé » avec des cinéastes comme David Volach, lui-même issu du monde religieux, qui interprète la Bible dans une perspective critique et au moyen d’une vision esthétique originale. Lorsque, en 2007,Volach revisite le mythe du sacrifice d’Isaac (My Father, My Lord), il s’en sert pour véhiculer une vision fortement critique du fanatisme religieux, tout en dialoguant avec l’oeuvre maîtresse du réalisateur polonais Krzysztof Kieslowski (Décalogue 1). L’histoire de Joseph, thème inépuisable de l’élection, de l’injustice et de la rivalité entre frères, a constitué la matière de L’Émigré (1994) de l’Égyptien Youssef Chahine. Et le cinéma malien, avec La Genèse (1999) de Cheick Oumar Sissoko, n’est pas en reste. Le Livre de Job, dans sa dimension et son questionnement sur la présence du mal dans le monde, a inspiré l’oeuvre radicale et expérimentale Mon cas (1985) au portugais Manoel de Oliveira, qui en fait une métaphore de la société moderne. Et la voix de Job, nous semble-t-il, continue de résonner dans le Serious Man (2009) des frères Coen.

Dernière mise à jour le 27 Juin 2011

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