My Father, My Lord © David Volach, 2007
Le cinéma israélien, quant à lui – à de rares exceptions près (comme Esther d’Amos Gitai, 1985) –, s’est construit loin des thématiques bibliques et religieuses, dans une préoccupation sioniste et essentiellement laïque. S’il aborde le monde religieux, c’est souvent par les voies de la dérision− par exemple, dans les sketches humoristiques de Lul et Shablul par Arik Einstein et Uri Zohar (1970), ou Ushpizin de Gidi Dar (2005).Depuis quelques années seulement, on assiste à un « retour du refoulé » avec des cinéastes comme David Volach, lui-même issu du monde religieux, qui interprète la Bible dans une perspective critique et au moyen d’une vision esthétique originale. Lorsque, en 2007,Volach revisite le mythe du
sacrifice d’Isaac (My Father, My Lord), il s’en sert pour véhiculer une vision fortement critique du fanatisme religieux, tout en dialoguant avec l’oeuvre maîtresse du réalisateur polonais Krzysztof Kieslowski (Décalogue 1).
L’histoire de Joseph, thème inépuisable de l’élection, de l’injustice et de la rivalité entre frères, a constitué la matière de
L’Émigré (1994) de l’Égyptien Youssef Chahine. Et le cinéma malien, avec
La Genèse (1999) de Cheick Oumar Sissoko, n’est pas en reste.
Le Livre de Job, dans sa dimension et son questionnement sur la présence du mal dans le monde, a inspiré l’oeuvre radicale et expérimentale
Mon cas (1985) au portugais Manoel de Oliveira, qui en fait une métaphore de la société moderne. Et la voix de
Job, nous semble-t-il, continue de résonner dans le
Serious Man (2009) des frères Coen.