Looking for Eric © Un film de Ken Loach
La 62e édition du festival de Cannes a fermé ses portes le 24 mai. En plus de la Palme d’Or, de nombreux prix sont distribués comme le prix de la mise en scène, le prix du scénario, le prix d’interprétation… ou encore le prix œcuménique ! Jean Lods, président de l’association Pro-fil, association protestante pour la promotion du cinéma, nous en dit plus sur le jury qui décerne ce prix peu connu.
Jean Lods © ABF
Le jury œcuménique de Cannes est géré par deux grands organismes internationaux :
Signis, association catholique mondiale pour la communication, et
Interfilm, Organisation protestante internationale du cinéma. Notre association, partenaire privilégié d’Interfilm en France, est chargée de la gestion du jury dans sa définition et son travail. Concrètement, nous nommons un des six membres du jury, et nous rédigeons des critiques des films du festival dans la rubrique « le coin des cinéphiles » du site internet d’Interfilm.
Logo du jury œcuménique © Jury oecuménique
Le jury œcuménique de Cannes a 35 ans. Il a été créé par Pierre Viot, président du festival de l’époque de 1984 à 2001, qui voulait donner une dimension humaniste aux nombreux prix distribués à Cannes. Les six membres du jury sont composés de trois catholiques et trois protestants, dont un de chaque groupe est français.
Ce jury souffre depuis sa création d’une couverture médiatique très faible. Son nom donne une connotation trop religieuse alors qu’il n’y a aucune influence de la part des Eglises. Peu de gens le connaissent et peu de distributeurs acceptent de mettre ce prix sur les affiches des films.
Cette année, le jury a décerné son prix au film « Looking for Eric », une injection d’optimisme en ces temps difficiles ! On peut d’ailleurs voir un clin d’œil biblique au moment où le célèbre joueur de football Eric Cantonna, tel un envoyé de Dieu, vient en aide à Eric Bishop, postier à Manchester, en pleine dépression.
La mention spéciale a été décernée au film de Das Weisse Band, « le ruban blanc » pour sa réflexion profonde sur la violence.
Mais la grande nouveauté cette année, c’est la remise d’un « anti-prix » à « Antichrist » de Lars von Trier. Les jurés, à titre individuel et solidaire, considère que c’est le « plus misogyne » des films présentés. Bien sûr, cette déclaration a suscité une vive polémique et a été désapprouvé par l’actuel délégué général du festival, Thierry Frémaux. C’est un grand risque qu’à prix ce jury, présidé lui-même par un cinéaste. Le débat reste ouvert…