'Océans' sur grand écran
Écrit par ZeAnim, le 28/12/2009 à 15:52
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Introduction
© Galatée films
Après 4 ans de tournage autour du globe, « Océans » sort dans les salles de cinéma le 27 janvier. Sans masque, ni tuba, le spectateur plonge dans les profondeurs marines pendant deux heures et demie, et joue à cache-cache dans le sable, croise deux armées d’araignées de mer, chasse avec les dauphins, danse avec les baleines… Le tout dans une harmonie à couper le souffle ! Quel rapport avec ZeBible me direz-vous ? Eh bien si la Terre va mal, voici un film, tourné dans des zones sauvages protégées, qui nous donne toute l’étendue de la beauté de la Création, avec l'envie de la protéger. Christophe Pottier, caméraman, avait déjà travaillé pour Jacques Perrin (producteur avec Jacques Cluzaud) pour le tournage du
Peuple Migrateur il y a dix ans. Il nous donne quelques clés de cette aventure inédite pour vous mettre l’eau à la bouche (dommage que cette expression ne se rapporte pas aux yeux) !
Quelles sont les techniques de tournage ?
Christophe Pottier © Melinda Lignot
Travailler pour Jacques Perrin est un vrai plaisir tant il met l’humain au centre de ses moyens de production. Et ses projets, hors du commun, sont bien sûr captivants. Océans n’échappe pas à la règle. Pour mettre en œuvre ce projet ambitieux, il a conjugué tous les moyens possibles pour arriver à ses fins. Il s’est donc entouré, en plus de son équipe habituelle, de scientifiques, experts et de fondations de protection du monde marin. Et comme pour le « Peuple Migrateur » (1999) nous avons utilisé et mis au point des techniques pour approcher les animaux. Pour ma part ma caméra était embarquée sur un mini hélicoptère télécommandé le « Birdy Fly » qui nous permettait d’être au plus près du sujet et de le filmer au grand angle.
Les plongeurs fonctionnaient même parfois en circuit fermé pour ne pas faire de bulles qui effraient les poissons !!
Quels sont tes meilleurs souvenirs ?
Dauphins © Christophe Pottier
Globalement, j’ai été bluffé par les phénomènes naturels comme la chasse des dauphins, en Afrique du sud, où des millions de sardines forment des bans sur de la côte Est. Des milliers d’oiseaux plongeaient à moins de 50 mètres du bateau ! Ah, il y a aussi ma rencontre avec les baleines bleues… J’en ai encore la chaire de poule lorsque j’en parle : imaginez le plus grand animal du monde, 130 tonnes en mer de Cortez au Mexique c’était sublime… Le festin des baleines en Alaska a été un épisode très marquant. Les baleines à bosse ont une technique bien huilée pour s’assurer d’un bon repas. L’une d’entre elles chante, les autres tournent autour d’un banc de petits poissons en émettant des bulles qui obligent leurs proies à se recentrer. Au signal de la chanteuse toutes partent du fond vers le cercle de bulles, la gueule ouverte, à la verticale. Il n’y a plus qu’à se servir !
J’ai encore plein de souvenirs en tête mais je terminerais par le décollage de la navette spatiale, que j’ai filmé à une distance de 12 km, en Guyane. Le parallèle au montage avec un iguane, animal préhistorique, est malicieux !
As-tu vu des traces de pollution sur place ?
La main de l’homme ? Je l’ai vu sur un chalutier lors d’un autre tournage au large de la Mauritanie : des remontées de filet de pêche contenant 20 tonnes de poissons ! A raison de 5 lancés de filets par jour, la mer est délestée de 100 tonnes de ses habitants par bateaux sur cette zone et ils sont une bonne douzaine !!!… Et contre ces filets, aucun poisson n’a sa chance ! Pour le tournage de « Tabarly », j’ai vu des sacs poubelles remplis flottants… Une scientifique m’a confié qu’à chaque lancée de ballons gonflés à l’hélium lors de fêtes ou d’anniversaires, ceux-ci, poussés par les vents, se retrouvent à flotter en Méditerranée, prenant la forme de méduses pour les dauphins qui les avalent, provoquant immanquablement leur mort. Au delà de la beauté de la Mer, « Océans » montre différentes réalités : le massacre des requins juste pour leurs ailerons, la disparition des espèces, les déchets avec le contraste entre une otarie qui nage dans des eaux polluées et une otarie qui s’ébroue dans l’eau cristalline des mers du nord. Sur le
site du film, vous verrez un manifeste pour protéger toutes ces étendues où est née la vie !
Dernière mise à jour le 04 Janvier 2010