Introduction
« Un Français sur dix croit à la résurrection des morts par Jésus-Christ », c’est le résultat d’un sondage TNS-Sofres réalisé pour Pèlerin à l’occasion de Pâques 2009. Mais que signifie la résurrection ? Paul de Tarse, né il y a environ 2000 ans, a passé sa vie à nous l’expliquer à travers ses lettres (épîtres), suite à sa conversion sur le chemin de Damas (Syrie). Chantal Reynier, bibliste, décrypte ce personnage pour nous.
Pourquoi Paul est-il un témoin particulier de la résurrection de Jésus ?
L’Apôtre Paul, comme les autres apôtres, est témoin du Christ ressuscité. Il a fait l’expérience personnelle de la rencontre avec le Christ ressuscité sur le chemin de Damas. Cet événement inouï n’est pas un mythe ni une invention de sa part. Paul est mis devant le fait dont il ne peut douter : ce Jésus qu’il combat en persécutant les chrétiens est vivant dans son corps ; on peut le reconnaitre, c’est bien celui avec qui les apôtres ont vécu. Les apôtres qui avaient bien connu Jésus, eux aussi, l’ont vu vivant. Ils le racontent dans les évangiles.
Comment Paul nous a fait connaître et accepter le fait qu’après la mort, il y a la résurrection ?
Paul comme les apôtres ne peuvent taire cette « bonne nouvelle ». Ils deviennent les témoins de cet inouï de la résurrection : Jésus que l’on avait condamné à mourir sur une croix comme un esclave parce qu’on refusait qu’il se dise « Fils de Dieu » est bien vivant ! Un tel événement qui instaure une telle rupture ne peut être inventé par des hommes qui ont été témoins de la mort et de l’ensevelissement de Jésus et dont le respect de Dieu ne peut être mis en doute. Les apôtres ne cherchent pas à prouver la résurrection, ils disent qu’elle a eu lieu ; ils l’affirment par leur vie et par leur mort. Les croyants croient sur la foi des apôtres.
Ces hommes deviennent témoin du Ressuscité. L’enseignement qu’ils ont entendu de Jésus et les gestes qu’il a fait (miracles, guérisons…) s’éclairent alors et prennent tout leur sens : cet homme qui a toujours dit qu’il était le Fils de Dieu, l’est réellement, c’est cohérent. Les apôtres comprennent que si le Christ est ressuscité, alors notre vie est transformée. Nous ne sommes plus prisonniers de la nature qui nous enferme dans la mort puisque, par sa résurrection, le Christ nous promet la vie à nous aussi, même si nous ne pouvons pas nous représenter le comment. La résurrection des morts découle de la résurrection du Christ (1 Co 15, 1-20). Cela implique que la façon dont nous vivons doit être cohérente avec la foi en la résurrection. C’est ce que Paul nous explique dans toutes ses lettres. Oui il y a un Dieu, le Dieu de Jésus Christ, qui nous aime et qui nous arrache à la mort.
Pourquoi une telle désertion en la croyance de la résurrection et comment y remédier ?
Si aujourd’hui on ne croit pas ou de moins en moins à la résurrection, c’est que le Christ n’est pas connu. On ne sait plus qui il est, faute d’être annoncé, enseigné par des hommes et des femmes qui vivent de cette foi et en cohérence avec cette foi. C’est aussi que l’on perdu le sens de Dieu : l’être humain ne sait plus qu’il est devant Quelqu’un, plus grand que lui, et qui lui donne son sens dans l’amour et la liberté qu’il lui donne. Aux chrétiens revient d’annoncer la résurrection du Christ, sans se taire mais en respectant la conscience d’autrui.
Pour aller plus loin
Lisez le chapitre 15 de la première lettre aux Corinthiens, un des passages les plus accessibles et les plus parlants des lettres de Paul, qui aborde la résurrection du Christ, notre résurrection et le corps des ressuscités.
Chantal Reynier est professeur d’exégèse biblique au Centre Sèvres (Facultés jésuites de Paris). Elle a publié trois livres sur Paul : "Saint Paul sur les routes du monde romain", paru en février 2009, "Pour lire saint Paul", paru en juin 2008 et "Paul de Tarse en Méditerranée", paru en mars 2000.