Un article de ZeBible.
- 2
Elle
- J’étais endormie, mais mon cœur restait en éveil.
- J’entends quelque chose,
- c’est mon bien-aimé qui frappe à la porte:
Lui
- « Ouvre-moi,
- petite sœur, ma tendre amie, ma colombe, mon trésor.
- J’ai la tête couverte de rosée
- et les cheveux trempés des gouttes de la nuit.
- 3
Elle
- J’ai retiré mes vêtements, je ne vais pas me rhabiller !
- Je viens de me laver les pieds, je ne vais pas les resalir ! »
- 4 Mon bien-aimé passe la main par le guichet de la porte,
- et j’en ai le cœur battant.
- 5 D’un bond je suis debout pour ouvrir à mon bien-aimé.
- J’ai les mains et les doigts couverts d’huile de myrrhe,
- quand je saisis la poignée du verrou.
- 6 J’ouvre à mon bien-aimé; mais il est parti, il n’est plus là.
- Je sors à sa poursuite, je le cherche, sans le trouver.
- J’ai beau l’appeler, pas de réponse.
- 7 Mais je rencontre les gardes,
- qui font leur ronde sur les remparts de la ville.
- Ils me frappent, ils me blessent, ils m’arrachent mon châle.
- 8 Ah, filles de la capitale, je vous le demande instamment:
- si vous rencontrez mon bien-aimé, que lui raconterez-vous?
- Que je suis malade d’amour! Dites-le-lui.
- 9
Les filles
- Dis-nous, la belle,
- qu’a-t-il de plus qu’un autre, ton amoureux ?
- Oui, qu’a-t-il de plus qu’un autre
- pour que tu nous fasses pareille demande ?
- 10
Elle
- Mon bien-aimé est reconnaissable entre dix mille
- à son teint resplendissant et cuivré.
- 11 Sa tête est dorée. Il a les cheveux bouclés
- comme les fleurs de dattier, et d’un noir de corbeau.
- 12 Ses yeux ont le charme des colombes penchées sur un ruisseau;
- leur iris semble baigner dans du lait, comme logé dans un écrin.
- 13 Ses joues sont une plate-bande odorante,
- semée d’herbes parfumées.
- Ses lèvres ont l’éclat de l’anémone
- où perle une huile de myrrhe.
- 14 Ses bras sont comme un anneau d’or chargé de pierreries.
- Son corps est une plaque d’ivoire couverte de saphirs.
- 15 Ses jambes font penser à des colonnes de marbre blanc,
- solidement plantées sur des socles d’or fin.
- Il a fière allure, comme les monts du Liban;
- il a la distinction des cèdres.
- 16 Sa bouche est douce à mon baiser,
- tout en lui appelle mon désir.
- Voilà mon bien-aimé, filles de la capitale, voilà mon ami !
- 1
Les filles
- Dis-nous, la belle, où est-il allé, ton amoureux ?
- Quelle direction a-t-il prise ? Nous voulons le chercher avec toi.
- 2
Elle
- Mon bien-aimé descendra à son jardin,
- à ses plates-bandes odorantes,
- pour y trouver sa pâture et y cueillir les anémones.
- 3 Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi.
- Il trouve sa pâture là où poussent les anémones.