Un article de ZeBible.
- 1 L’homme n’est rien d’autre que l’enfant de la femme.
- Sa vie demeure brève et remplie de tourments.
- 2 Comme la fleur, il s’épanouit, et puis se fane;
- comme l’ombre qui fuit sans pouvoir s’arrêter.
- 3 Et c’est cela, mon Dieu, que ton regard épie!
- Et c’est moi que tu traînes ainsi en justice!
- 4 Mais qui peut donc tirer quelque chose de pur
- de ce qui est impur? Pas un seul être au monde!
- 5 Car la durée de vie est limitée pour l’homme;
- c’est toi qui as fixé le nombre de ses mois,
- il ne peut dépasser la ligne que tu traces.
- 6 Cesse de le guetter et laisse-le tranquille,
- pour qu’il termine en paix sa journée d’ouvrier.
- 7 Or il reste toujours de l’espoir pour un arbre:
- si on le coupe, il peut se mettre à repousser,
- il ne manquera pas de produire un bourgeon.
- 8 Même si sa racine vieillit dans la terre,
- et si sa souche paraît morte dans le sol,
- 9 l’odeur de l’eau suffit pour qu’il reprenne vie
- et pousse des rameaux comme s’il était jeune.
- 10 Quand l’homme meurt, par contre, il est privé de force.
- Que devient-il, une fois qu’il a expiré?
- 11 Un jour peut-être, les fleuves seront taris,
- et la mer n’aura plus la moindre goutte d’eau.
- 12 Mais l’homme qui est mort ne se lèvera pas;
- pas de réveil pour lui, tant que dure le ciel,
- il ne sortira plus de son dernier sommeil.
- 13 Ah! si tu me cachais dans le monde des morts,
- m’y abritant jusqu’à la fin de ta colère!
- Si tu me fixais un délai, après lequel
- tu voudrais de nouveau te souvenir de moi!
- 14 — Mais l’homme qui est mort, peut-il reprendre vie? —
- Je saurais patienter, le temps de mon service,
- jusqu’au moment où l’on viendrait me relever.
- 15 Alors, je répondrais quand tu m’appellerais,
- quand tu voudrais me voir, moi que tu as créé!
- 16 Tandis que maintenant tu comptes tous mes pas,
- tu cesserais de surveiller mes manquements,
- 17 dans un sac bien fermé tu cacherais mes fautes,
- tu couvrirais mes torts d’une couche de plâtre.
- 18 Cependant les montagnes tombent en morceaux,
- et les rochers finissent par changer de place.
- 19 Les eaux arrivent à user même les pierres,
- et l’averse emporte la poussière du sol.
- Toi aussi tu ruines l’espérance de l’homme.
- 20 Tu le jettes par terre, il s’en va pour toujours;
- la mort le défigure, et tu le chasses loin.
- 21 Si on couvre ses fils d’honneurs, il n’en sait rien;
- si on les humilie, il ne s’en rend pas compte.
- 22 Il est seul à souffrir de sa propre douleur,
- il est seul à gémir de son propre malheur.