Un article de ZeBible.
- 1 Comment l’or si brillant,
- le métal si beau, a-t-il pu se ternir?
- Comment les pierres qui t’étaient consacrées
- ont-elles pu s’éparpiller à tous les coins de rue?
- 2 Comment les enfants de Sion,
- eux qui valaient leur pesant d’or,
- peuvent-ils être estimés au prix d’un simple pot de terre?
- 3 Même les chacals
- ont l’instinct maternel et allaitent leurs petits.
- Mais mon peuple est une mère inhumaine,
- comme l’autruche dans le désert.
- 4 De soif, les nourrissons ont la langue collée à leur palais.
- Les jeunes enfants réclament du pain;
- personne pour leur en offrir une bouchée.
- 5 Ceux qui se nourrissaient de bons morceaux
- tombent d’épuisement dans les rues.
- Ceux qu’on avait élevés dans le luxe
- fouillent à pleines mains les tas d’ordures.
- 6 Les torts de mon peuple sont plus grands
- que les fautes des gens de Sodome,
- qui fut bouleversée en un clin d’œil
- sans qu’on ait eu le temps de réagir.
- 7 Les princes avaient plus d’éclat que la neige,
- leur teint était plus blanc que le lait
- et leur corps plus rose que le corail.
- Leurs veines évoquaient le bleu du saphir.
- 8 Ils paraissent maintenant plus noirs que la suie,
- on ne les reconnaît plus dans la rue.
- Ils n’ont plus que la peau sur les os,
- une peau sèche comme du bois sec.
- 9 Mieux valait succomber victime de l’épée
- que mourir victime de la faim
- et dépérir affaibli par la disette.
- 10 Des mères, pourtant pleines d’amour,
- ont fait cuire elles-mêmes leurs enfants pour s’en nourrir,
- dans le désastre qui atteint mon peuple.
- 11 Le Seigneur est allé au bout de sa fureur,
- il a déversé son ardente colère.
- À Sion, il a allumé un incendie qui en a dévoré les fondations.
- 12 Les rois de la terre ni personne au monde n’auraient pu croire
- que l’ennemi vainqueur entrerait un jour par les portes de Jérusalem.
- 13 Ce désastre est dû aux fautes des prophètes
- et aux crimes des prêtres,
- qui ont répandu dans la ville le sang des vrais fidèles.
- 14 Comme des aveugles dans les rues
- ils avancent hésitants, souillés de sang.
- Il est interdit de toucher même à leurs vêtements.
- 15 Quand ils arrivent on crie: «Écartez-vous, ils sont impurs!
- Écartez-vous, n’approchez pas!»
- Tandis qu’ils s’enfuient sans savoir où aller,
- les peuples étrangers déclarent:
- «Pas question qu’ils restent plus longtemps chez nous!»
- 16 Le Seigneur en personne les a dispersés, il ne veut plus les voir.
- On n’a pas eu d’égards pour les prêtres,
- ni de respect pour les vieillards.
- 17 Nos yeux continuaient à se fatiguer,
- à épier un secours qui ne venait pas.
- Nous avons attendu sans répit
- l’arrivée d’une nation qui n’est pas venue nous sauver.
- 18 On surveille nos pas:
- impossible de nous rendre sur nos places.
- Nous avons fait notre temps,
- notre fin est proche, elle est là.
- 19 Nos poursuivants sont rapides,
- plus que l’aigle dans le ciel.
- Ils nous pourchassent sur les montagnes,
- ils nous guettent dans les lieux inhabités.
- 20 Celui dont notre vie dépendait,
- le roi que le Seigneur avait consacré, lui dont nous disions:
- «Sous sa garde nous aurons notre place parmi les nations»,
- le voilà captif dans une fosse ennemie!
- 21 Tu peux être ravie, population d’Édom,
- toi qui habites le pays d’Ous!
- Mais la coupe du jugement te parviendra à toi aussi!
- Tu t’y enivreras, tu te mettras toute nue!
- 22 Ta punition est complète, pauvre Sion.
- On ne t’emmènera plus en déportation.
- Quant à toi, Édom, le Seigneur punira tes fautes,
- il démasquera tes crimes.