
5 Les ennemis de ton peuple avaient décidé de tuer les nouveau-nés des fidèles, et seul un enfant fut sauvé après avoir été exposé à la mort. Pour les punir, tu les as privés d’un grand nombre de leurs enfants et tu les as engloutis eux-mêmes, tous ensemble, dans les flots tumultueux de la mer. 6 Mais tu avais annoncé d’avance à nos ancêtres ce qui se passerait cette nuit-là, afin qu’ils puissent se réjouir avec assurance en reconnaissant la solidité des promesses auxquelles ils s’étaient fiés. 7 Ton peuple savait que cette nuit apporterait le salut pour les justes et la ruine pour leurs ennemis. 8 En effet, tu utilisas les mêmes moyens pour punir nos adversaires et pour nous glorifier, en nous appelant à toi.
9 Les pieux descendants de la nation sainte offraient en secret des sacrifices. Ils se soumirent d’un commun accord à la loi divine qui veut que les fidèles participent aux mêmes biens et aux mêmes dangers. Et ils chantaient déjà les cantiques traditionnels de louange. 10 Les cris discordants des ennemis leur faisaient écho; partout on entendait les plaintes déchirantes de ceux qui pleuraient leurs enfants. 11 L’esclave et le maître étaient frappés de la même peine, le sujet et le roi subissaient la même douleur. 12 Tous ensemble, ils avaient des morts innombrables, qui expiraient de la même façon. Les survivants ne suffisaient pas à les enterrer, car leurs enfants les plus chers avaient péri en un instant. 13 Jusque-là, ces gens étaient restés insensibles à tout avertissement, à cause des pratiques de leurs magiciens. Mais après avoir perdu leurs premiers-nés, ils durent reconnaître qu’Israël était fils de Dieu.
14 La nuit était à moitié écoulée, la paix et le silence régnaient partout. 15 Tout à coup, ta Parole puissante surgit du ciel, de ton trône royal; tel un guerrier impitoyable, elle se précipita au milieu de ce pays maudit, 16 en brandissant ta décision définitive comme une épée tranchante. De la tête, elle touchait au ciel, tandis que ses pieds foulaient le sol; elle entra en action et sema partout la mort. 17 Aussitôt, les gens eurent de terribles cauchemars, ils furent saisis de frayeurs inimaginables. 18 Ils s’affaissaient à demi-morts, ici ou là, et déclaraient pourquoi ils mouraient: 19 les rêves qui les avaient épouvantés le leur avaient révélé, afin qu’ils ne périssent pas en ignorant la raison de leur malheur.