gueule

Créature terrifiante

 

CRÉATURE TERRIFIANTE

Job 40 v25 à 41 v26

25Vas-tu pêcher le grand dragon à l’hameçon,vas-tu le prendre par la langue avec ta ligne ?

26Pourras-tu lui passer un jonc dans les narines, lui percer la mâchoire à l’aide d’un crochet ?

27Crois-tu qu’il va te supplier en insistant ? Ou bien qu’il te dira des mots affectueux ?

28Est-ce qu’il conclura un contrat avec toi, pour qu’indéfiniment il reste ton esclave ?

29Joueras-tu avec lui comme avec un oiseau ? Ou l’attacheras-tu pour amuser tes filles ?

*

30Les pêcheurs associés le mettront-ils en vente ? Le partagera-t-on entre divers marchands ?

31Peux-tu percer sa peau en le criblant de coups, lui traverser la tête à l’aide d’un harpon ?

32Pose la main sur lui : en songeant au combat, tu ne le feras plus !

1On est plein d’illusions en espérant le vaincre ;

rien qu’en l’apercevant, on tombe à la renverse.

2Qui serait assez fou d’oser le provoquer

– et encore plus fou d’oser me tenir tête ?

3A qui ai-je emprunté, pour devoir le lui rendre ?

je dispose de tout ce qui est sous le ciel !

*

4Pas question de passer sous silence ses membres,

la valeur de sa force et sa superbe armure.

5Qui donc a découvert son manteau par devant ?

Qui s’est aventuré dans sa double mâchoire ?

6Qui a jamais ouvert les battants de sa gueule,

dont les terribles dents garnissent le pourtour ?

7Plusieurs rangées de boucliers couvrent son dos

en une carapace étroitement soudée.

8Chacun d’eux est si bien lié à son voisin

que pas un souffle d’air ne pourrait s’y glisser.

9Chacun d’eux est collé à celui d’à côté,

et rien ne peut défaire un pareil assemblage.

*

10Sitôt qu’il éternue, la lumière jaillit,

et son regard est flamboyant comme l’aurore.

11De sa gueule, s’échappent des langues de flammes,

des gerbes d’étincelles.

12On voit sortir de la vapeur de ses narines,

comme d’une marmite ou d’un chaudron bouillant.

13Son souffle est si brûlant qu’il rallume les braises

par les flammes qu’il projette hors de sa gueule.

14Il y a dans son cou une telle puissance

qu’en présence de lui on est saisi d’effroi.

*

15Les replis de sa peau sont tellement massifs

qu’on a beau appuyer, on ne fait rien bouger.

16Son poitrail est si dur qu’on dirait de la pierre,

dur comme la meule inférieure d’un moulin.

17Même les chefs sont pris de peur dès qu’il se dresse ;

dans leur affolement, ils perdent leurs moyens.

18C’est que les coups d’épée n’ont pas prise sur lui,

pas plus que la sagaie, ou la lance, ou les flèches.

19Le fer n’a pas sur lui plus d’effet que la paille,

et le bronze pas plus que du bois vermoulu.

20On ne peut pas le mettre en fuite à coups de flèches,

et les pierres qu’on tire à la fronde sur lui

font l’effet d’une paille.

21La massue n’est pour lui qu’un simple bout de paille,

il est indifférent aux sifflements du sabre.

*

22Son ventre est hérissé de tranchants et de pointes,

il laisse sur la boue les traces d’une herse.

23Dès qu’il plonge dans l’eau, il la fait bouillonner,

il transforme le lac en un brûle-parfums.

24Derrière lui, reste un sillage lumineux,

chevelure d’argent flottant sur l’eau profonde.

25Sur la terre, il n’a pas son pareil,

il est fait insensible à la peur.

26Il défie du regard les plus grands adversaires,

c’est lui le roi de toutes les bêtes féroces.